La lame Verte a un effet trompeur

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À moins de vivre sur une île privée d’électricité, la tendance n’aura échappé à personne: l’urgence climatique a rattrapé l’opinion publique. Elle fait désormais partie des principaux soucis des Helvètes, tous milieux confondus. Conséquence logique, le parti écologiste suisse est donné en hausse dans tous les baromètres d’opinion. Peu importe la méthodologie ou la période du sondage, l’ascension des Verts, crédités de presque 10% des voix lors des prochaines élections fédérales, semble irrésistible.


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Pourtant, les écologistes ne fanfaronnent pas. Parce que, oui, ils vont sans aucun doute gagner des sièges aux Chambres fédérales cet automne. Mais les Verts ont aussi de la mémoire. En 2007, ils avaient décroché 24 sièges avec 9,8% des voix. Ils se contentent aujourd’hui de 13 fauteuils à Berne. Les gains de cet automne ne pourraient faire que compenser les pertes cumulées des douze dernières années.

Ils savent aussi qu’à ce stade les sondages mettent en lumière des intentions de vote. Ils disent que le citoyen veut un engagement politique général plus résolu en faveur de la protection du climat. Ils ne promettent pas encore que l’électeur inscrira le nom d’un candidat Vert sur son bulletin de vote. La recette est complexe. Pour concrétiser l’intention, il faut encore disposer de la candidate ou du candidat idéal dans une configuration politique qui rend l’obtention d’un siège réaliste. Or cette configuration n’existe pas dans tous les cantons.

«Entre 2007 et aujourd’hui, l’érosion du PDC a changé le paysage politique suisse»

Mais quand même une chose a fondamentalement changé dans le paysage politique suisse entre 2007 et aujourd’hui, c’est l’érosion du PDC. Crédité de 9,9% des intentions de vote selon notre baromètre, le Parti démocrate-chrétien pourrait laisser sa place de quatrième parti de Suisse aux Verts. Avec cette perspective s’ouvre un débat vivifiant. Les écologistes auraient droit mathématiquement à un siège au Conseil fédéral. À moins que les partis centristes ne cessent de jouer la partition du centre le plus dissonant du monde et se rendent compte qu’ensemble ils pèsent 19% des voix. Tout les sépare peut-être, sauf la peur de disparaître et l’envie de pouvoir.

Créé: 06.03.2019, 06h57

Lise Bailat, Correspondante parlementaire

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