La police doit partir à l’assaut du Darknet

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Sur notre écran défilent les annonces, comme sur n’importe quel site de vente en ligne. Mais au lieu de chaussures, d’appartements ou de voitures s’étalent devant nous cocaïne, LSD et cannabis. On glisse quelques produits dans le panier virtuel. Deux jours plus tard, ce sont des lettres bien réelles que notre facteur dépose dans notre boîte. Expérience vertigineuse, stupéfiante.

La facilité avec laquelle il est aujourd’hui possible, en quelques clics, de s’approvisionner en substances illégales est proportionnelle à la difficulté rencontrée par les autorités à lutter contre ce phénomène.

«Les autorités ne peuvent pas compter sur l’interdiction ou la disparition de ce type de services anonymes et cryptés»

Le principal obstacle à la traque aux cyberdealers est technique. Les plates-formes de vente se trouvent sur le Darknet et les acheteurs utilisent Tor, un logiciel qui rend leur identification extrêmement compliquée. Les autorités ne peuvent pourtant pas compter sur l’interdiction ou la disparition de ce type de services anonymes et cryptés, bien utiles dans d’autres contextes. Au contraire, les enquêteurs et les magistrats doivent sans tarder apprivoiser ces technologies, ne pas laisser ce terrain aux criminels, qu’ils soient dealers ou pédophiles. Cela passe par une prise de conscience et de la formation. Et moins de temps à chipoter sur la répartition des tâches entre cantons et Confédération.

Les autorités hollandaises sont parvenues, l’année dernière, à faire fermer l’une des principales plates-formes du Darknet et à récupérer, avec brio, le nom de centaines de personnes. La Suisse a pris du retard et paraît bien loin de pouvoir réussir un tel tour de force. En attendant, le facteur continuera de livrer innocemment des drogues dures.

Créé: 01.05.2018, 21h34

Alexandre Haederli, journaliste

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