La police mérite plus qu’un demi-débat

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«Tous les flics sont des salauds.» Ce cri de colère, tagué sur les murs de Lausanne, est une honte à plus d’un titre. D’abord parce qu’il vise des hommes et des femmes dont la tâche, ingrate et complexe, est de protéger nos vies et d’assurer la tranquillité de nos rues. Bien sûr.

Vient ensuite une question difficile: comment en est-on arrivé à une telle défiance vis-à-vis des forces de l’ordre? Depuis deux ans, le canton de Vaud aligne une série noire de décès pour lesquels la police est pointée du doigt. Le Ministère public enquête en ce moment sur trois cas, bien différents, mais qui suscitent le malaise au point de pousser des centaines de personnes dans la rue. Trois hommes, tous d’origine africaine, sont morts.

«Peut-on attendre les verdicts pour questionner la police sur ses pratiques?»

La police est-elle coupable? Est-elle même responsable? A-t-elle fait son travail, que l’on sait difficile, ou se montre-t-elle de plus en plus négligente et brutale face aux dealers qu’elle est sommée de pourchasser? Pour livrer ses réponses sur la mort de Mike Ben Peter, de Lamine Fatty et de Hervé Mandundu, la justice prendra le temps qu’il faudra. Mais peut-on attendre d’elle toutes les réponses? Et, surtout, peut-on attendre les verdicts pour questionner la police sur ses pratiques?

En France, le viol présumé du jeune Théo par des policiers, avec une matraque, a fait longuement la une des journaux. La mort d’Adama Traoré, asphyxié lors de son interpellation par des gendarmes, a soulevé l’opinion publique. Le canton de Vaud n’est pas la France, mais les accusations qui pleuvent sur la police demandent et méritent, ici aussi, un débat plus riche et engagé qu’il ne l’est aujourd’hui. Pour cela, il faut que les autorités et les différents corps de police vaudois y participent, qu’ils s’expliquent, qu’ils communiquent et qu’ils rassurent. Ils ne peuvent se contenter d’invoquer les enquêtes en cours pour ne pas le faire.

«La police tue.» Les Lausannois ne devraient pas avoir à lire ce genre de graffitis. Aux policiers de battre en brèche l’idée qu’ils sont des rambos pour qui les règles de l’éthique ne sont là que pour décorer. Ou de prendre des mesures pour qu’aucune interpellation ne finisse plus en drame.

Créé: 13.04.2018, 07h05

Journaliste Vaud et Régions

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