La renaissance d’une fête belle et populaire

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Le Festival de la Cité est de retour. Non seulement physiquement, sur sa colline fétiche, mais aussi dans son esprit, festif, audacieux, entreprenant, et populaire. Pour la plus grande manifestation culturelle gratuite de Suisse romande, l’édition 2017 marque une renaissance remarquée.

L’exil forcé dû aux travaux conjugués du nouveau Parlement vaudois et de la restauration du château Saint-Maire avait (mal) inspiré un éclatement volontaire aux quatre coins de Lausanne. Après avoir (difficilement) encaissé la polémique, les organisateurs se sont mis au travail et ont intelligemment répondu, suivant la demande générale mais sans donner dans le copié-collé du passé.

Le retour nécessaire sur les terres originelles s’est donc accompagné d’une réinterprétation des espaces à disposition. Avec un premier pari: fermer à la circulation la ceinture sud de la Cité pour non seulement la donner au public festivalier, mais en plus la doter de deux scènes spectaculaires, l’une sur le pont Bessières, panorama ouvert sur la ville et le Jura lointain, l’autre coincée entre Palais de Rumine et mur de soutènement, lieu idéal pour faire rugir rock, rap et musiques du monde.

Deuxième audace, redéfinir des lieux qu’on croyait connus, du grand espace sommital entre les sièges du pouvoir vaudois, divisé en deux scènes (un chapiteau et un perchoir), au jardin magique du Petit Théâtre, réceptacle intimiste à la créativité débridée de deux artistes résidents (les Louis, Jucker et Schild).

«Le Festival de la Cité a montré qu’on pouvait entendre la critique, retrouver une âme sans céder à la facilité»

Troisième résolution, ne rien céder sur l’envie de découverte mais proposer une offre très large, susceptible de séduire de nombreux âges et des sensibilités variées.

Bilan de l’opération, les trois paris sont réussis, servis par une météo très favorable. Ils sont renforcés par un quatrième élément, qui tient presque de l’évidence retrouvée: une partie importante des quelque 100'000 festivaliers qui ont parcouru la Cité lausannoise une semaine durant a juste profité de la fête, partagé des instants de discussion et de liberté, goûté à l’offre culinaire, bref, investi les vieilles pierres d’une joie ravigotante.

A cette aune, les ronchonnements de pisse-froid de l’UDC locale, accusant le festival de n’être fait que pour «les bobos» (le nouveau mot fourre-tout pour désigner «les élites»), paraissent particulièrement ridicules. Il fallait se promener dans les ruelles médiévales pour constater à quel point ce reproche politiquement orienté ne tenait pas la route. Revenu de ses concepts désincarnés, le Festival de la Cité a montré qu’on pouvait entendre la critique, corriger le tir, retrouver une âme populaire sans céder à la facilité. Chapeau. (24 heures)

Créé: 09.07.2017, 23h27

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Thierry Meyer
Rédacteur en Chef

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