La victoire toute tracée des ultras

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Un jour avant les scrutins cruciaux de ce week-end en Saxe et au Brandebourg, Angela Merkel se rendra à l’Université de Leipzig. Non pas pour y rencontrer les électeurs mécontents de l’ex-Allemagne de l’Est et les convaincre de ne pas voter en faveur de l’AfD. Non pas pour empoigner les sujets qui fâchent et chercher le dialogue avec une population qui se sent clairement lâchée.


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La chancelière va recevoir à Leipzig un titre de docteur honoris causa. Au sommet de son impopularité dans les «nouveaux Länder», Mme Merkel a visiblement jeté l’éponge dans une campagne que beaucoup d’observateurs politiques voient comme perdue d’avance. D’ailleurs, son propre parti, la CDU, ne veut pas d’elle au front. Et son slogan de 2017, lorsque, confortée dans les sondages, elle rempilait pour un quatrième mandat en affirmant «Pour une Allemagne où il fait bon vivre», sonne aujourd’hui bien creux aux oreilles des oubliés de la réunification. Inégalités avec l’Ouest, désertification – depuis 1991, les cinq Länder de l’ex-RDA ont perdu 1,2 million d’habitants –, crise des migrants. Un terreau idéal pour l’extrême droite, qui, si elle a toujours fait de bons scores dans ces régions, pourrait cette fois dépasser les partis traditionnels, de droite comme de gauche.

«Depuis 1991, les cinq Länder de l’ex-RDA ont perdu 1,2 million d’habitants»

Plus inquiétant, l’envol de l’aile identitaire du parti. Les candidats phares de l’AfD, Jörg Urban en Saxe et Andreas Kalbitz en Brandebourg, sont connus pour leurs affinités avec les néonazis de la région. Ils étaient en tête d’un cortège aux côtés de ces derniers, il y a un an à Chemnitz, lorsque le meurtre d’un Allemand par un réfugié syrien avait entraîné des affrontements de rue entre forces de police et ultras. Au-delà du scrutin de ce week-end, c’est un boulevard tout tracé que risquent de leur offrir un SPD en recherche désespérée d’un leader et une CDU qui doute de plus en plus des chances de la dauphine d’Angela Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, alias AKK, de lui succéder.

Il y a trente ans, le mur de Berlin tombait, les images des Allemands euphoriques à la porte de Brandebourg sont encore dans nos mémoires. Pourtant, aujourd’hui, le fossé politique entre «Wessis» et «Ossis» se creuse de nouveau.

Créé: 28.08.2019, 15h53

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