Quand Trump convoque Maurer

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À première vue, le passage d’Ueli Maurer, jeudi dans le Bureau ovale, tenait plus de la convocation que de l’amicale invitation, tant il semble avoir été organisé à la va-vite. Toutefois, et à y regarder de plus près, cette première visite officielle d’un président de la Confédération à la Maison-Blanche a un petit goût de revanche pour ceux qui préfèrent la diplomatie aux roulements de tambour guerriers.


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C’est que, engagé dans une dangereuse escalade avec l’Iran, Donald Trump – dont la diplomatie du tweet assassin montre ses limites – a un urgent besoin de rétablir le contact avec Téhéran. Pour éviter d’être pris à son propre jeu de la surenchère, qui pourrait l’entraîner dans un conflit aux effets dévastateurs. Une guerre dont il n’est pas sûr qu’il soit lui-même convaincu, mais que les faucons de son entourage le poussent à déclencher.

Les diplomates suisses sont parmi les plus fins connaisseurs du pays des mollahs

Du coup, et dans le but de se faire une idée neuve de la situation qui prévaut en Iran, c’est tout naturellement que le président américain – enfin bien conseillé – s’est tourné vers la Suisse. Disponible et neutre, cette dernière ne représente-t-elle pas depuis la révolution khomeyniste les intérêts des États-Unis en Iran? Il était bon qu’on s’en souvienne à Washington.

Cela dit, et pour en avoir rencontré à Téhéran, on peut affirmer sans exagérer que les diplomates suisses sont parmi les plus fins connaisseurs du pays des mollahs et que leur expertise sur les contradictions et les faiblesses du régime iranien est à nulle autre pareille.

Dès lors, il faut espérer que l’analyse et les bons offices de la Suisse l’emportent sur les fauteurs de guerre de l’administration américaine. Et poussent Donald Trump à revoir son attitude à l’égard de l’Iran. Si tel devait être le cas, la visite «sur appel» du président Maurer à Washington n’aura pas été vaine. Mieux, elle serait un motif de fierté pour notre pays et sa diplomatie.

Et si, en guise de remerciements pour les services rendus dans le dossier iranien, l’administration Trump nous proposait d’ouvrir les négociations sur un accord de libre-échange, ou quelque autre «bonus», qui s’en plaindrait?

Créé: 17.05.2019, 06h49

Bernard Bridel, journaliste

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