Trois sous en plus pour boire du vin bio

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Le glyphosate fait peur. Le Centre international de recherche sur le cancer a classé cette molécule comme cancérigène probable. Du coup, l’utilisation de cet herbicide inquiète. La population aimerait qu’on le supprime, tout comme d’autres substances nocives pour la santé. Une initiative «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse» vient justement d’aboutir.


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Thierry Durand, le vigneron qui a prêté une de ses parcelles de chasselas pour expérimenter des techniques d’entretien du sol alternatives au glyphosate, se réjouit que le débat arrive sur la place publique. Il en a un peu marre que les agriculteurs et viticulteurs soient toujours la cible des critiques. «Il faudrait que le principe de précaution s’applique à tout le monde», clame-t-il en pointant notamment du doigt les communes et les CFF, autres utilisateurs.

«La transition vers une culture sans pesticides a forcément un coût»

Mais surtout, comme le démontrent les résultats de la recherche de la Haute École de viticulture et d’œnologie de Changins, la population doit comprendre que la transition vers une culture sans pesticides a forcément un coût. Toutes les alternatives présentées mardi aux médias sont au moins deux fois plus chères que l’usage du glyphosate. Certes, les vignerons peuvent encore rationaliser leur exploitation et mutualiser les machines pour réduire la facture. Et des subventions de l’État sont prévues pour les encourager dans la voie de la transition écologique. Mais le consommateur doit aussi s’investir. Il n’y a pas un méchant producteur qui empoisonne le monde d’un côté, et de gentils clients victimes de l’autre.

La solution passe également par un engagement écologique collectif. Tout comme les amateurs de bons vins ont compris que la qualité avait un prix, ceux qui privilégient les bons vins bio pourraient aussi mettre trois sous en plus pour contribuer à une viticulture plus saine. En 2016, une étude, menée par Changins elle aussi, a montré que si le nectar est de qualité, l’amateur est prêt à payer 2 francs de plus pour une bouteille certifiée être en accord avec la nature.

Deux décis d’espoir dans un océan de paradoxes consuméristes.

Créé: 05.06.2018, 23h01

Yves Merz, rubrique Vaud & régions

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