Les Accords de Schengen à l’épreuve

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Face à la crise migratoire, les pays européens font une fois de plus étalage de leurs divisions. Quotas de réfugiés, réforme de Schengen, remise en cause des Accords de Dublin: les pommes de discorde ne manquent pas. La réunion de lundi soir à Bruxelles ne résoudra pas tout.

En rétablissant le contrôle aux frontières dimanche, Berlin a voulu avertir ses partenaires. Autriche, Slovaquie, République tchèque et Hongrie lui ont emboîté le pas. Entre la Suisse et l’Ukraine, une barrière s’est soudain érigée. L’Allemagne, victime de son succès économique et de sa bonne image auprès des migrants, ne pourra pas tout faire, toute seule. Elle grogne contre l’inaction de la Commission et contre les premiers pays d’accueil au sud, qui ne remplissent pas, à ses yeux, leurs obligations. Elle a aussi voulu ralentir le flux, qui l’a débordée à Munich. Elle s’attend en effet à recevoir un million de personnes cette année.

En agissant de la sorte, Berlin n’a pas changé de politique d’accueil (les demandeurs d’asile y sont toujours reçus). L’Allemagne n’a pas non plus dérogé aux règles juridiques de Schengen, qui prévoient la possibilité de rétablir les contrôles en cas de force majeure. Même si elle donne un signal encourageant à ceux qui ne veulent plus de Schengen, à commencer par Viktor Orban en Hongrie. Une tentation qui existe aussi en Suisse.

La libre circulation des citoyens européens dans un «espace de liberté, de sécurité et de justice» demeure un principe intangible de l’UE. La Suisse est bien placée pour le savoir. En revanche, les Vingt-Huit admettent que leurs frontières extérieures ne sont pas maîtrisées. Ils réfléchissent aussi à l’implantation de centres d’enregistrement afin de réguler les arrivées.

Dans cette crise, l’Europe, qui s’est construite sur la confiance et la solidarité, est à l’épreuve de ses égoïsmes. Et elle va payer cher son inaction au Proche et Moyen-Orient.

Créé: 15.09.2015, 07h32

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