Accoucher ne doit plus être un cauchemar

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Non, donner la vie n’est pas forcément un moment de bonheur béat, et non, la frimousse d’un bébé en pleine santé ne fait pas oublier toutes les souffrances. Depuis quelques années, les femmes évoquent librement les expériences négatives autour de l’accouchement, ouvrant une discussion taboue.


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Paroles blessantes, gestes médicaux accomplis de force, épisiotomies incomprises, non-prise en compte de la douleur… Un tiers des femmes ont vécu leur «délivrance» comme une expérience traumatisante. Entre 3 et 6% d’entre elles vont développer un stress post-traumatique après un accouchement sans graves complications médicales.

Cette prévalence monte à 16-18% lorsque la vie de l’enfant ou de la mère a été menacée. Les conséquences de ce syndrome trop peu connu plombent toute la famille.

En 2017, une Vaudoise témoignait courageusement dans nos colonnes. Une dépression post-partum a gâché sa première année de maternité. «Ce que je vivais était si loin de la représentation du bonheur maternel que j’en avais honte.»

Son histoire est tristement exemplaire: grossesse difficile, césarienne en urgence, perforation de la vessie par erreur, gestes invasifs non désirés… Les médecins la renvoient chez elle exsangue, sans autre forme de procès. La jeune femme participera à la création de l’Association (Re)Naissances pour parler, entre mères, des épisodes douloureux précédant et suivant la grossesse.

Son combat est aujourd’hui validé par la Santé publique vaudoise. Le dispositif du CHUV pour prévenir les violences obstétricales et soutenir les victimes est à applaudir des deux mains. Il est unique en son genre, si l’on en croit le chef de la Maternité. Un entretien de «vécu d’accouchement» sera désormais proposé à toutes les mamans.

«Le diagnostic du stress post-traumatique est tardif ou inexistant»

Espérons que les soignants insistent pour qu’elles saisissent la perche. Les accouchées traumatisées se refusent souvent à revenir sur le lieu du crime. Ce sont elles qui ont le plus besoin d’être entendues.

Il y a fort à faire aussi du côté des médecins, notamment en ce qui concerne le diagnostic du stress post-traumatique, tardif ou inexistant. Revoir les pratiques en salle d’accouchement sera salvateur, mais cela ne suffira pas.

Créé: 05.03.2020, 22h45

Marie Nicollier, rubrique Vaud & régions

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