L’affaire Buttet, miroir déformant du parlement

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L’Assemblée fédérale nourrit-elle en son sein une bande de porcs phallocrates? La tentation de la caricature est puissante au lendemain des révélations de notre confrère Le Temps sur les dérapages du conseiller national PDC Yannick Buttet. Accusé de harcèlement par son ex-maîtresse et balancé anonymement par plusieurs élues pour ses «pulsions sexuelles incontrôlées», le Valaisan est-il pour autant le révélateur d’une assemblée de dégénérés, la pointe d’un répugnant iceberg?


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La grande lessive a débuté jeudi à Berne, où le prélavage avait déjà eu lieu dans le sillage des propos ignobles de Donald Trump, puis de l’affaire Weinstein encore amplifiée dans les milieux politiques par le déballage qui a suivi la démission du ministre britannique toucheur de genou, Michael Fallon. Pour mémoire, une quarantaine d’élus supposés salopards se sont retrouvés épinglés sur une liste mise en circulation à Westminster.

Faire la lessive, c’est bien, à condition de trier le linge avant de le jeter dans le tambour.

Ce qui s’est passé jeudi sous la Coupole fédérale est sans commune mesure. Mais tout de même. Yannick Buttet a – ainsi qu’on a pris l’habitude de dire – «libéré la parole» des femmes. L’UDC Céline Amaudruz a ouvert les feux dès le matin. Elle aussi a été victime, récemment, des gestes déplacés d’un parlementaire. Quels gestes, de la part de qui? Elle n’en dira pas plus. On la comprend, mais on ne peut se défaire du sentiment désagréable qu’elle en a trop dit, ou pas assez. À qui le tour, aujourd’hui?

Personne n’osera nier qu’il est utile de laver le linge sale qui pue. À condition de le trier avant de lancer la machine, si l’on veut éviter que les couleurs ne déteignent sur le blanc. Plutôt que de jeter l’opprobre sur tous nos élus mâles et avant de créer une instance spéciale pour recueillir les plaintes des députées, regardons-le en face, notre parlement. Et rendons-le mixte. Il sent trop la testostérone. Tant que les femmes y seront minoritaires (33% au National et à peine plus de 15% aux États), elles seront exposées à un certain machisme. (24 heures)

Créé: 30.11.2017, 22h54

*Rédactrice en chef adjointe

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