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L’Algérie est toujours debout

Pour les Algériens, le bilan de l’année qui vient de s’écouler est contrasté. Certes, Abdelaziz Bouteflika a dû se résoudre à rendre les clés de la maison. Et de ce point de vue-là, le mouvement du Hirak a gagné. Mais un an après le début d’une mobilisation citoyenne et pacifique sans précédent, force est de constater que le système est parvenu à se survivre à lui-même. Pas de grand ménage, mais un petit dépoussiérage de surface.

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Les figures les plus contestées, notamment Saïd, le frère de l’ex-président, sont dans le collimateur de la justice. Une sorte de lot de consolation. Le peuple algérien n’est pas dupe. Il sait qu’il lui reste du chemin à faire avant d’arriver à cette gouvernance idéale qui le ferait rentrer dans le siècle par la grande porte.

Aujourd’hui, les acteurs de ce soulèvement inédit sont à la recherche d’un second souffle. Il leur est proposé un compromis avec le pouvoir. Ce qu’ils redoutent, c’est une compromission. Ils connaissent les travers de ce régime. Elle emporterait les rêves de liberté et d’émancipation portés par le Hirak.

Un retour à la case départ, voilà ce qui nourrit les inquiétudes des Algériens. S’ils ne partagent pas tous la même opinion sur la voie à suivre, ils ont tous l’envie féroce de tourner une page. On peut compter sur la jeunesse pour entretenir la flamme. La question est de savoir maintenant si le système tout de même ébranlé par l’année qui vient de s’achever est capable d’initier la profonde mutation attendue comme l’a promis le nouveau président, Abdelmadjid Tebboune, ou s’il n’est apte qu’à en entretenir l’illusion. La vérité ne mettra pas longtemps à éclater.

À l’heure des réseaux sociaux, le pouvoir ne peut plus agir en catimini et mettre en œuvre un plan échafaudé derrière des murs de garnison. Plus que d’un changement de pouvoir, c’est d’un changement de culture du pouvoir dont l’Algérie a besoin. Il faudra du temps. Les Algériens eux-mêmes reconnaissent être pris au piège des mauvaises habitudes. Le risque est que les idées portées par le Hirak finissent elles-mêmes par être corrompues. Ce n’est qu’ensemble, unis derrière un projet de société, que les Algériens pourront sortir de ce piège. Ils n’ont pas encore gagné, mais ils n’ont pas encore perdu non plus. Le pays ne s’est pas effondré. L’Algérie est toujours debout.

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