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Amarelle doit-elle faire sauter un fusible au SPJ?

La tentation du fusible est une bonne vieille recette du politicien pour faire baisser la pression. Pas toujours couronnée de succès d’ailleurs. Pierre Maudet, dans le cadre de son voyage controversé à Abu Dhabi, a beau avoir demandé à son chef de cabinet d’aller voir ailleurs, le conseiller d’État genevois, même dépouillé de l’essentiel de ses prérogatives, se retrouve toujours sous les feux des projecteurs des médias. Auxquels se sont ajoutés ceux de la justice. Pour prendre un autre exemple récent, dans l’affaire de CarPostal, c’est la directrice du géant jaune, Susanne Ruoff, qui a dû assumer les détournements de subventions cantonales.

Sur terres vaudoises, en matière de démonstration d’indépendance, Cesla Amarelle a commencé très fort son mandat de conseillère d’État. Avant même d’entrer en fonction, elle a brisé un conflit potentiel d’intérêts en convenant avec son mari que ce dernier devait quitter son poste dans la direction du CHUV. Puis elle a recasé «à l’amiable» le décrié chef du postobligatoire Séverin Bez, pour le remplacer courageusement par une personnalité n’appartenant pas à sa famille politique. Ensuite, elle a aussi fait le ménage à la Haute École de musique, en coupant les têtes directoriale et présidentielle, d’obédience plutôt radicale.

Et cela avec une rapidité étonnante. Dans ce dernier cas, quelques semaines après les révélations par «24 heures» des dysfonctionnements internes sérieux.

Dans l’effarante affaire du père mormon qui a abusé de la majorité de ses huit enfants pendant près de douze ans, le rapport de l’expert indépendant, ancien président du Tribunal fédéral, n’est pas tendre avec le Service de protection de la jeunesse (SPJ). Son directeur, arrivé en 2013, n’a – pour l’instant – pas eu droit à ce que l’on appelle pudiquement «une séparation d’un commun accord». Et pourtant, même après son entrée en fonction, les conclusions à l’encontre du SPJ sont atterrantes.

«Les conclusions à l’encontre du Service de protection de la jeunesse sont atterrantes»

Lorsque «24 heures» a révélé, le 23 mars, l’infernal enchaînement de non-décisions qui ont conduit à la répétition de ces abus, le même chef de service n’avait pas souhaité nous répondre. La veille, dans «Le Matin», il estimait que le SPJ avait «fait son travail», que le système avait «mal fonctionné» mais qu’il n’avait «pas à demander pardon». C’est la justice et Cesla Amarelle qui ont fait part cette semaine de leurs excuses en admettant leur responsabilité.

Le prochain procès en appel du violeur permettra peut-être de remettre la question du fusible sur le tapis.

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