L’ambition légitime d’une femme du sérail

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«C’est l’heure d’un Tessinois.» Le refrain servi depuis le 14 juin dernier, lorsque Didier Burkhalter a annoncé par surprise sa démission du Conseil fédéral, a-t-il valeur de dogme? Chef du groupe libéral-radical au Conseil national, Ignazio Cassis est-il de droit divin le seul à pouvoir s’asseoir sur le siège laissé libre par le Neuchâtelois?

Face à l’évidence tessinoise se dressent désormais deux candidats au profil marqué, le Genevois Pierre Maudet et la Vaudoise Isabelle Moret. Au jeu des critères, on peut désormais miser sur l’atout jeune ou la carte féminine.

La conseillère nationale la mieux élue de Suisse romande préfère avancer ses compétences et son expérience. Elle a raison. Formée à la dure école d’un PLR vaudois qui, au tournant du millénaire, n’avait pas précisément la promotion des femmes au cœur de son action politique, Isabelle Moret a construit avec ténacité et méthode une carrière parlementaire – dans son canton, puis surtout à Berne – qui force le respect. Sa capacité à tisser des compromis constructifs (une spécialité vaudoise?) est reconnue, et même son opposition résolue au paquet Prévoyance 2020 n’a pas entamé ce crédit. Dans le sérail où elle œuvre avec succès depuis plus d’une décennie, on connaît sa valeur. Jusqu’en Suisse alémanique.

Son entrée en scène moins tonitruante que son concurrent genevois est-elle un handicap? Pas sûr: autant le style Maudet, tout en démonstration de détermination, est nécessaire à une candidature de rupture, venue de l’extérieur, autant la Vaudoise sait qu’elle doit rester elle-même et jouer sur ses qualités intrinsèques.

Les Vaudois ont déjà un conseiller fédéral, et le canton peine à se mobiliser. Les femmes PLR alémaniques attendront peut-être la sortie de Johann Schneider-Ammann pour soutenir une candidature féminine. Et trois Romands au Conseil fédéral, c’est peut-être décidément trop pour durer longtemps. Le refrain revient: «C’est l’heure d’un Tessinois.» Mais le sérail fédéral n’aime pas les scénarios tout cuits. Isabelle Moret le sait. Elle lui apporte un vrai choix, une candidature solide, et une ambition parfaitement légitime. (24 heures)

Créé: 10.08.2017, 22h21

Thierry Meyer, rédacteur en chef

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