L’Arabie saoudite se lève face à l’Iran

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Oubliée, la relative discrétion de l’allié saoudien des Etats-Unis. Finie, sa tranquille gestion des pétrodollars. Avec la chute du cours de l’or noir, mais aussi la présence du groupe Etat islamique à sa frontière nord (Irak) et celle de rebelles pro-iraniens à sa frontière sud (Yémen), sans même parler de sa propre minorité chiite qui donne de la voix, la monarchie wahhabite se sent plus que jamais menacée. Et c’est d’autant plus vrai depuis que Barack Obama a conclu en juillet un deal nucléaire avec l’Iran des mollahs, ouvrant la voie à un retour en puissance de la Perse.

L’Arabie saoudite du roi Salmane effectue un tournant majeur. Et pas seulement parce qu’elle intervient depuis un an au Yémen à la tête d’une coalition arabe sans précédent et qu’elle est donc un acteur clé des pourparlers de paix ouverts ce mardi en Suisse, dans un lieu tenu secret. Passant à la vitesse supérieure, Riyad vient d’annoncer la création d’une grande coalition antiterroriste formée (à terme) de 44 pays presque tous sunnites.

A l’avenir, cette vaste alliance militaire sunnite qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’Asie du Sud-Est pourrait devenir un poids lourd

Dans l’immédiat, il s’agit de répondre à tous ceux qui, notamment aux Etats-Unis, accusent les monarchies du Golfe d’entretenir des liens avec le groupe Etat islamique. Mais, à l’avenir, cette vaste alliance militaire sunnite, qui s’étend depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’à l’Asie du Sud-Est et comprend les armées d’Egypte, de Turquie ou du Pakistan, pourrait devenir un poids lourd.

Pour l’heure, bien sûr, on en est loin. Il y a davantage de dissensions que de points de convergence. Mais tous ces Etats sunnites ont ceci en commun qu’ils sont menacés par le développement international du groupe Etat islamique et qu’ils redoutent tout autant, voire davantage encore, une montée en puissance de l’Iran chiite.

Cet «OTAN sunnite» pourrait d’abord soutenir en Afrique la lutte contre Boko Haram. Puis en Libye financer une offensive anti-Daech. Et peut-être à terme peser davantage en Syrie, contre un régime soutenu par Téhéran. Jusqu’à quand pourra-t-on éviter le choc entre chiites et sunnites?

Créé: 15.12.2015, 22h19

Andrés Allemand, journaliste

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