L’argent électoral aurait-il une odeur?

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Demander de l’argent pour financer sa campagne aux élections fédérales? Oui. Le dépenser pour faire parler de soi? Oui aussi. Mais attention à ne pas s’en approcher de trop près. C’est une des leçons apprises par les politiciens vaudois après les affaires Pierre Maudet et Géraldine Savary. D’un côté, le ministre genevois est dans la tourmente après, notamment, les révélations sur les montages financiers baroques de sa campagne, tandis que la sénatrice socialiste vaudoise a jeté l’éponge après la découverte du soutien financier controversé du milliardaire Frederik Paulsen.

Sur 37 candidats interrogés, seuls trois n’ont pas joué le jeu entièrement

Pourquoi peut-on parler de leçon retenue? Comme le montre notre enquête sur les budgets de campagne dans le canton de Vaud, le Parti libéral-radical (PLR) et le Parti socialiste (PS) ont un peu revu leurs pratiques. La grande majorité des candidats libéraux-radicaux qui font leurs propres recherches de fonds nous l’ont dit d’emblée: «Je n’ai pas accès à mon compte de campagne. Ce sont d’autres que moi qui le gèrent. J’ai signé une charte avec mon parti.» Même prudence au Parti socialiste, où l’on précise qu’Ada Marra ne gère pas elle-même les 13'000 francs qu’elle a réunis.


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Si l’argent n’a pas d’odeur, les candidats semblent tout de même redouter qu’il leur laisse de l’encre sur les mains en s’en approchant de trop près. Cette prudence et cette crainte de voir son nom lié à une affaire de gros sous font probablement partie de la facilité apparente qu’ils ont à parler d’argent cette année. Mais l’avancée en matière de transparence est relative. Ainsi presque personne ne donne les noms exacts des sponsors, que ce soit des personnes en chair et en os ou des entreprises.

Mais il faut relever que, sur 37 candidats interrogés, seuls trois n’ont pas joué le jeu entièrement: le PLR Olivier Feller n’indique pas le montant de sa campagne personnelle, tandis que la PLR Isabelle Moret et l’UDC Yvan Pahud n’ont simplement pas répondu à nos questions.

D’ici à quelques mois, le Conseil d’État présentera son projet de loi sur la transparence financière des partis politiques. À voir si l’avancée de cette campagne se retrouvera quand les mêmes partis seront chargés de rendre ce principe obligatoire.

Créé: 10.10.2019, 21h53

Mathieu Signorell, Rubrique Politique vaudoise

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