Les armes, un combat périlleux pour l’UDC

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Si le tir au fusil d’assaut ou au pistolet militaire vous passionne, vous devrez montrer patte blanche auprès de l’autorité cantonale et prouver que vous pratiquez régulièrement cette discipline sportive. Voilà, pour l’essentiel, le changement introduit par la récente révision de la loi sur les armes. Le parlement a décidé de s’aligner sur une directive européenne censée lutter contre le terrorisme en interdisant la détention d’armes à feu semi-automatiques. Pas de quoi fouetter un chat, a priori. Ni exciter les chasseurs, eux qui ne sont pas concernés par cette catégorie d’armes.


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Cette décision a pourtant suffi à mettre le feu aux poudres. Le lobby des tireurs n’a eu qu’à dégainer un slogan antieuropéen – «Non au diktat de l’UE qui nous désarme» – pour que son référendum fasse mouche. Cela en dit long du ras-le-bol grandissant au sein d’une partie de la population, agacée par les normes venues de Bruxelles que la Suisse doit reprendre – elle qui étouffe déjà sous un magma de lois et de règlements. Bref, peu importe ce que décide l’Union européenne, faisons comme bon nous semble, au nom de notre liberté. C’est un refrain connu qu’entonnent ces souverainistes convaincus, le fusil en bandoulière. Selon eux, les sanctions brandies en cas de refus – en l’occurrence, la dénonciation des Accords de Schengen – ne sont que des menaces en l’air.

«Le lobby des tireurs n’a eu qu’à dégainer un slogan antieuropéen pour que son référendum fasse mouche»

Mais le peuple a déjà montré dans les urnes qu’il trouvait dangereux de se fâcher avec notre plus important partenaire économique. On l’a vu au mois de novembre dernier, lorsqu’il a balayé l’initiative de l’UDC «pour l’autodétermination», qui entendait placer la Constitution suisse au-dessus du droit international. Le plus grand parti du pays est échaudé par cette lourde défaite. Pas sûr qu’il décide d’appuyer très fortement le référendum des tireurs sportifs. Face au reste de la classe politique et aux poids lourds de l’économie, le combat serait des plus périlleux. À moins d’un an des élections fédérales, l’UDC a plutôt besoin d’une victoire. (24 heures)

Créé: 08.01.2019, 06h45

Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse

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