Le ballon se dégonfle une nouvelle fois

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Jeudi, l’annonce du dépôt de l’acte d’accusation contre Jérôme Valcke, Nasser al-Khelaïfi, ainsi qu’un troisième larron grec, par le Ministère public de la Confédération (MPC) a provoqué un petit frisson. Les procureurs fédéraux semblaient avoir passé une étape vers le cœur des affaires de corruption qui secouent la FIFA.

Avec l’implication de l’ancien secrétaire général et celui du président du Paris Saint-Germain, également patron de la chaîne TV BeIn Sports et fer de lance de la candidature du Qatar à la Coupe du monde 2022, il ne pouvait en être autrement. Des juges auraient enfin la possibilité de décortiquer les mœurs du monde souterrain qui s’épanouit en marge du football.


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Quelle naïveté! Car en réalité, les espoirs ont à nouveau été trahis. Mais cette fois, ce n’est pas le pataquès des liaisons dangereuses entre Michael Lauber, patron du MPC, et Gianni Infantino, le no 1 de la FIFA, qui est en cause, comme ce fut le cas en 2019 et la mise à l’écart du premier dans les enquêtes sur le football mondial. Non, aujourd’hui, les efforts des procureurs ont été anéantis par le retrait de la plainte pour corruption que la FIFA avait déposée en 2016.

Il a suffi d’un «accord amiable», passé opportunément en janvier 2020, entre la fédération et Nasser al-Khelaïfi et voilà les soupçons de corruption qui s’évaporent. La teneur de l’accord n’a évidemment pas été communiquée. Du coup, même la tenue du procès est incertaine. C’est vrai qu’une bataille ferait tache à deux ans d’un Mondial qatari que la FIFA annonce déjà comme féérique.

«À la première occasion, la fédération préfère régler un dossier entre «amis»

Depuis plus de quatre ans, la fédération mondiale se targue de vouloir aller au bout des affaires pour prouver qu’elle a tourné la page de l’ère «Blatter». Un bien beau discours «marketing», si l’on songe qu’à la première occasion, la fédération préfère régler un dossier entre «amis».

Un peu comme il y a une quinzaine d’années lors de la faillite de la société de marketing ISL/ISMM, deuxième plus grande de l’histoire en Suisse après Swissair. À l’époque, un versement de 2,5 millions de francs avait permis de protéger l’anonymat de la belle brochette de fonctionnaires du football qui avaient été arrosés. Le temps passe, mais le message demeure. En Suisse, il est toujours possible de s’arranger.

Créé: 20.02.2020, 22h22

Patrick Oberli, journaliste.

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