À Berne, le choc des idées fera du bruit

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À l’échelle de la Suisse, c’est un choc des civilisations. D’un côté, d’audacieuses trentenaires entrent avec fracas au Conseil des États. La Fribourgeoise Johanna Gapany, la Genevoise Lisa Mazzone ou encore la Neuchâteloise Céline Vara bousculent l’establishment masculin aux cheveux gris, en promettant un regard neuf sur la politique fédérale.


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De l’autre, des mécontents décomplexés partent en guerre contre des avancées sociales réclamées par les foules. La semaine dernière, un comité de droite lançait le référendum contre le congé paternité de deux semaines accordé de haute lutte par le parlement. Lundi, c’était au tour des adversaires de l’extension de la norme pénale antiraciste de se dévoiler au grand jour. Pour eux, pas question de punir les incitations à la haine envers les homosexuels.

«Ce décalage saisissant s’explique avant tout par une vision ultralibérale de la société»

Est-ce l’œuvre de vieux grincheux réactionnaires? Détrompez-vous. Il y a là des membres de jeunesses de partis bourgeois. Et un politicien gay, membre du comité référendaire: pour ce Zurichois de 29 ans, traquer les propos homophobes reviendrait à considérer la communauté LGBT comme «une minorité faible». Les délégués de son parti, l’UDC, viennent d’ailleurs de balayer à l’unanimité le texte qui sera soumis au peuple le 9 février prochain. Au nom de la liberté d’expression…

Quelques mois après la Grève des femmes et les manifestations pour la planète, le décalage entre forces progressistes et «Neinsager» est saisissant. Il s’explique avant tout par une vision ultralibérale de la société, très présente en Suisse alémanique. Dans le cas de la «censure» des propos touchant à l’orientation sexuelle, l’État ne peut pas imposer aux citoyens ce qu’il est permis de dire et ce qui ne l’est pas. Dans celui du congé paternité, il n’a pas à ponctionner les revenus de tous les salariés pour élargir les prestations sociales. Libre aux entreprises d’agir comme bon leur semble en la matière.

Le parlement a beau avoir rajeuni et s’être féminisé lors des élections, ces divergences resteront fortes lors de la législature à venir. Elles donneront lieu, c’est certain, à des débats passionnés. Souhaitons à la Suisse d’en sortir par le haut.

Créé: 12.11.2019, 06h43

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Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse

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