Berne garde une vision dépassée du viol

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Selon notre Code pénal, le viol se résume à la pénétration vaginale, et à un acte commis par un homme sur une femme. Certes, la sodomie ou la fellation non consenties sont punies par la loi. Mais elles sont considérées comme des contraintes sexuelles. Avec une conséquence: leurs auteurs peuvent s’en tirer avec une peine pécuniaire alors qu’en cas de viol, la peine plancher est d’un an de réclusion.

En 2018, cette conception semble incroyable et, à Berne, plusieurs élus veulent faire bouger les choses. Ils ont raison, cette distinction n’est plus acceptable. Une victime est une victime, quel que soit son sexe ou le type de pénétration.


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L’article de loi en question est hérité d’une époque où l’on ne pouvait pas envisager autre chose qu’une relation traditionnelle entre un homme et une femme. Et où seul le sexe dit faible semblait risquer le viol. Il renvoie à un temps où l’on ne parlait pas d’homosexualité et encore moins de sodomie. Les choses ont changé! En 2018, ces questions sont discutées dans notre société et le législateur doit lui aussi le faire.

«Une victime est une victime, quel que soit son sexe ou le type de pénétration»

Cette vision dépassée peut sembler ridicule. Le problème, c’est qu’elle a des conséquences. En maintenant ces tabous dans le Code pénal, le législateur ne reconnaît pas pleinement le traumatisme des victimes. Pour ces personnes, parler n’est pas facile: punir comme il se doit les responsables pourrait les aider à le faire. C’est le rôle de l’État de protéger ses citoyens et de reconnaître les crimes pour ce qu’ils sont, sans se voiler la face ni accepter des demi-mesures. C’est encore une question d’égalité – entre hommes et femmes, ainsi qu’entre homosexuels et hétérosexuels.

En 2013, le conseiller national genevois Hugues Hiltpold (PLR) était déjà monté au front. Cinq ans plus tard, la situation doit bouger, comme cela s’est produit à l’échelle internationale. La Convention d’Istanbul définit le viol sans faire de référence au sexe. La Suisse l’a adoptée. Espérons que, cette fois, elle acceptera enfin d’agir, de se mettre à la page et de corriger une règle qui provient d’un autre temps. (24 heures)

Créé: 15.01.2018, 21h41

Caroline Zuercher, rubrique Suisse

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