Les bois du Jorat sont-ils trop plats?

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Dans ce projet de parc naturel, nous avons probablement sous-estimé le problème de cohérence entre l’encouragement de la consommation de bois local et la mise en réserve de surfaces forestières.» La confidence, il y a quelques mois, d’un des responsables du projet de Parc naturel périurbain du Jorat visait juste. C’est exactement le prétexte que vient de saisir la Municipalité de Froideville pour justifier son refus de voir apparaître dans ses forêts des secteurs d’où les tronçonneuses seraient bannies. Une attitude partiellement compréhensible lorsqu’on se remémore qu’il y a cinq ans à peine le village du Jorat inaugurait avec fierté son nouveau Collège du Chêne. Un bâtiment à 9 millions de francs, doté d’une chaudière à plaquettes de bois permettant de chauffer l’ensemble d’un quartier voisin avec le bois communal.


A lire: Froideville fait déplacer le projet de parc du Jorat


Même si le projet de parc voyait le jour, les forêts joratoises fourniraient toujours largement assez de plaquettes pour faire fonctionner la chaudière du Collège du Chêne. En attendant, l’obligation fédérale de mettre en réserve 10% des surfaces forestières d’ici à 2030 reste d’actualité. Dans le but de réunir certaines de ces surfaces en un tout apte à toucher des subventions, plutôt que de les laisser s’éparpiller en microparcelles isolées, les promoteurs du projet de parc du Jorat vont donc reprendre leur bâton de pèlerin. Mais leur tâche s’annonce difficile. Outre les défenseurs de la filière bois, ils devront affronter toute la panoplie des utilisateurs de la forêt: promeneurs, champignonneurs, vététistes ou cavaliers. Autant d’autres amoureux des forêts du Jorat bien décidés à ne pas voir leur liberté de circuler dans les bois être restreinte. Reste une question: ces groupes de pression sont-ils représentatifs de l’avis de la majorité de la population?

S’inspirer de l’exemple de Zurich et de son Sihlwald, premier et pour l’instant unique parc naturel périurbain du pays, ne sera que peu utile. À la grande différence du projet joratois, il est situé dans une vallée aux pentes abruptes. L’exploitation du bois y avait d’ailleurs été abandonnée dix ans avant qu’il n’obtienne le statut de parc naturel. On n’en est pas vraiment là dans les si belles et facilement accessibles forêts du Jorat. (24 heures)

Créé: 10.09.2018, 21h36

Sylvain Muller, rubrique Vaud & régions

Articles en relation

Froideville fait déplacer le projet de parc du Jorat

Nature La Municipalité s’est déclarée opposée au projet. Du coup, ses promoteurs veulent relocaliser le parc, ce qui ne fait pas les affaires du Canton. Plus...

À Zurich, la forêt inspirant le parc du Jorat laisse faire la nature

Nature Balade dans le Sihlwald, seul parc naturel périurbain du pays, étudié de près par les promoteurs du projet vaudois Plus...

Double soutien politique pour le Parc du Jorat

Mézières Jacqueline de Quattro et Natacha Litzistorf ont apporté samedi un appui personnel à l’association chargée de mener le projet. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 26 septembre 2018.
(Image: Bénédicte?) Plus...