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Boris Johnson, la dernière cartouche

Opportuniste, outrancier, réactionnaire, incompétent. La liste d’amabilités accolées à Boris Johnson à mesure qu’il se rapproche du poste de premier ministre ne cesse de s’allonger. Et, dans une certaine mesure, elle est méritée. Mais elle ressemble aussi de manière de plus en plus troublante au portrait qu’on brossait au début des années 30 d’un autre politicien du nom de Winston Churchill.

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À cette époque, celui-ci n’avait encore rien d’un homme d’État. Bien au contraire. Durant la Première Guerre mondiale, l’offensive qu’il avait lancée contre l’armée turque dans le détroit du Bosphore avait été si désastreuse que 46 000 soldats y avaient laissé la vie. Comme ministre de l’Intérieur, il s’était rendu sur le lieu d’une intervention policière, encourageant les forces de l’ordre à employer la manière forte contre des militants anarchistes. De Gandhi, il disait qu’il n’était qu’un «prétendu fakir à demi-nu». Et lorsque le Parti conservateur avait affronté la tempête, Winston Churchill l’avait quitté sans aucun scrupule pour rejoindre les libéraux, avant de changer d’avis et de revenir. Rien de tout cela n’a empêché l’homme au cigare et aux doigts brandis en forme de V d’entrer dans l’histoire.

Aujourd’hui, c’est bien à un rôle historique que prétend Boris Johnson en voulant gérer la sortie de son pays hors de l’Union européenne. Contre lui se dresse une grande partie des Britanniques qui voient en lui au mieux un pitre, au pire un menteur. Mais au sein de son parti, il reste très populaire. Et les conservateurs le savent: après trois ans d’un psychodrame nommé Brexit, il ne leur reste qu’une seule cartouche à tirer pour convaincre leurs concitoyens qu’ils méritent de rester au pouvoir.

Pour atteindre sa cible, la cartouche Boris Johnson devra perforer la porte du 10 Downing Street, siffler jusqu’à Bruxelles pour renégocier l’accord du Brexit – et ne pas perdre la face lorsque les Européens s’y refuseront – avant de ricocher jusqu’en Écosse pour éviter une partition du Royaume-Uni. La tâche s’annonce ardue. Mais l’homme semble déterminé à être plus qu’une balle perdue.

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