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Boris Johnson triomphe… pour l’instant

Boris Johnson est apparu à Bruxelles décontracté comme il ne l’avait pas été depuis longtemps. Grand seigneur, il a entamé son allocution en remerciant deux des hommes debout à ses côtés, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Michel Barnier, le négociateur en chef de la commission. Avant de poursuivre ses quelques minutes de discours en souriant.

«En moins de trois mois, il a réussi ce que Theresa May n’avait pas pu réaliser en un an et demi de négociations»

Le premier ministre britannique peut être satisfait. En moins de trois mois, il a réussi ce que Theresa May n’avait pas pu réaliser en un an et demi de négociations: négocier un accord qui peut être adopté par ses députés. Comme l’indiquent six de ses tweets, rédigés sous les étiquettes «Concrétiser le Brexit» et «Reprendre le contrôle», il a en effet rempli les grandes lignes fixées par la campagne pro-Brexit du référendum.

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À lire:Boris Johnson parvient à arracher un accord

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Pourtant, le Brexit n’est pas encore palpable. Le 14 novembre 2018, Theresa May avait elle aussi trouvé un accord avec Bruxelles, sans parvenir à transformer son essai. Dès jeudi matin, les unionistes du parti nord-irlandais du DUP ont d’ailleurs indiqué qu’ils ne voteront pas l’accord. Un sérieux coup dur au regard de l’influence de ces députés, devenus ces deux dernières années les garants de l’unité du pays.

L’adoption de l’accord de Brexit se jouera donc à quelques voix près. La précédente version présentée par Theresa May avait été rejetée lors de sa troisième tentative par 58 voix. Boris Johnson doit par conséquent convaincre trente députés. Quasi un compte d’apothicaire: vingt-neuf eurosceptiques radicaux par-ci, entre cinq et dix élus travaillistes favorables au Brexit par-là. Il faudra sans doute soustraire plusieurs des élus conservateurs expulsés de leur parti par Boris Johnson…

L’adoption de l’accord samedi permettrait de passer cette étape fondamentale du Brexit. En revanche, son rejet ne changera pas grand-chose pour Boris Johnson. Le chef du parti conservateur n’en perdra pas pour autant son aura de gagnant. En cas de défaite, il demandera un report de la date de sortie. Il se lancera ensuite dans une élection générale en se présentant comme le sauveur du Brexit. Une élection dont il aura toutes les cartes en main.

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