Un bras de fer somme toute bien vaudois

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Il y a dix jours, non loin du rond-point de la Maladière, les activistes du climat se sont sagement arrêtés devant la police. Complètement dépassée, cette dernière n’aurait rien pu faire s’ils avaient décidé de passer en force, direction l’autoroute. Rien de tout ça. Comme durant les précédentes actions de désobéissance civile organisées au nom de l’urgence écologique, les camps s’affrontent dans un doux bras de fer.


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Les journalistes, présents en nombre, passent d’une ligne à l’autre sans grande difficulté. Seuls certains agents, un peu plus zélés que les autres, viendront contrôler leur carte de presse, sans véritablement y prêter attention. Les forces de l’ordre, d’ailleurs, rivalisent elles aussi d’amabilité, invitant même les manifestants qui ne souhaiteraient pas être identifiés à quitter les lieux. À ce moment précis, Lausanne paraît bien loin de Paris, où, en juin dernier, des membres d’Extinction Rebellion qui occupaient un pont avaient été délogés par des CRS, avec gazage aux lacrymogènes à bout portant.

«Au milieu du très affable rassemblement vaudois, on dénombre plusieurs candidats aux prochaines fédérales»

Au milieu du très affable rassemblement vaudois, on dénombre plusieurs élus et candidats aux prochaines fédérales. Certains ont derrière eux un long passé d’activisme, d’autres désobéissent pour la première fois. Tous assument leur participation à une action illégale, contrevenant ainsi au serment qu’ils ont prêté – ou qu’ils rêvent de prêter – par lequel ils s’engagent à veiller au maintien de l’ordre public. Ils n’ignorent pas que leurs adversaires s’empareront de la question pour tenter de les décrédibiliser. Eux en font le gage de l’authenticité de leur engagement. Et ils ont raison.

Car si nos policiers ne partagent pas le même attrait pour le maniement de la matraque que leurs homologues français, notre pays ne fait pas exception et souffre aussi de lenteurs institutionnelles. Le climat ne s’accommode pas de demi-mesures, résultant d’un trop long processus de décision par consensus: il demande des mesures courageuses que la majorité des élus a du mal à prendre. La politique des petits pas ne suffit plus. Ceux qui ont décidé de faire courir à grandes enjambées les forces de l’ordre l’ont bien compris.

Créé: 07.10.2019, 07h46

Antoine Hürlimann, rubrique Vaud & régions

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