Après le Brexit, un splendide isolement

L’éditorial

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Cela ressemble chaque jour un peu plus à un accident de train dans un film d’action. Une bagarre féroce se déroule dans la cabine de la locomotive. Certains protagonistes appuient sur l’accélérateur, d’autres sur le frein alors qu’au loin, dans un repli de la montagne, s’annonce un virage très sec.


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Deux poids lourds du gouvernement de Theresa May viennent de lui asséner un uppercut: le ministre en charge du Brexit, David Davis, et celui des Affaires étrangères, Boris Johnson. Ils ont démissionné car, à leurs yeux, le plan de la première ministre fait trop de concessions à Bruxelles. Une énième déconfiture pour le gouvernement de Sa Majesté alors que le Royaume-Uni quittera officiellement l’Union européenne dans moins de neuf mois.

Si Theresa May survit à cette mutinerie, elle devra compter avec un camp conservateur dont les fissures apparaissent au grand jour. Si elle doit quitter le 10 Downing Street, la guerre de succession consommera encore de précieuses semaines. Dans les deux cas, l’impréparation crasse, l’improvisation permanente, la négligence coupable des responsables britanniques atteignent désormais un point difficile à imaginer lors du référendum. En 2016, Theresa May répétait tel un mantra que «Brexit signifie Brexit» et que Londres prendrait le large pour conclure des accords commerciaux avec le vaste monde.

Deux ans plus tard, le Royaume-Uni voit son gouvernement s’entre-dévorer, son secteur financier s’atrophier et son allié américain prendre le chemin de l’unilatéralisme. Theresa May pourra sans doute le constater lorsqu’elle recevra Donald Trump ce jeudi: les 65 millions de Britanniques qui vont quitter l’UE n’ont plus de partenaire fiable à Washington. Chaque jour qui passe rapproche le train fou du virage fatidique. Et derrière cette courbe ne se trouve qu’un splendide isolement.

(24 heures)

Créé: 10.07.2018, 07h42

Marc Allgöwer,
Chef de la rubrique Monde

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