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Le calme trompeur d’un avertissement sans frais

Dimanche vert pour le Conseil fédéral: le peuple l’a suivi sur toute la ligne. Et pas rien qu’un peu. Des majorités très nettes sont venues sanctionner les cinq objets soumis au vote. Même l’initiative qui voulait brider les entreprises de service public a subi une sévère défaite. Son succès dans les sondages n’aura été qu’un feu de paille, vite éteint par une classe politique muée en pompier après l’alerte initiale. Circulez, il n’y a rien à voir?

Ce serait une erreur de le croire. Car si les réponses données n’ont pas trouvé grâce aux yeux de la population suisse, les questions posées demeurent. La Suisse a-t-elle vraiment les meilleurs services publics du monde? Ses utilisateurs sont de moins en moins nombreux à en être convaincus. Une perception qui repose sans doute, pour une part, sur une certaine idéalisation d’un temps révolu. Mais pas uniquement: à la fermeture des bureaux de poste ne répondent pas des solutions satisfaisantes pour tout un chacun; la fracture numérique s’immisce dans le maillage des autoroutes de l’information; et l’encombrement des trains, le tarif des abonnements, la desserte de certaines régions engendrent des grognes répétées et insistantes.

«Ne pas en tenir compte, c’est inviter un match retour, et un socle plus fort encore de mécontentement»

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