Le cas de rigueur et les dindons de la farce

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Plus que la maladie et la mort, c’est la peur de sombrer qui tétanise aujourd’hui les milieux de la culture, du sport et de l’événementiel. Une peur qui n’a rien d’irrationnel. On le sait depuis la minute où le ministre de la Santé Alain Berset a annoncé l’interdiction de tous les grands événements, les pertes vont se chiffrer en centaines de millions à l’échelle du pays.


Le coronavirus a déjà contaminé les salles romandes


Abasourdis vendredi par cette mesure drastique biffant des agendas toute manifestation de plus de 1000 personnes au moins jusqu’au 15 mars prochain, les propriétaires de salles, les clubs de foot ou de hockey, les organisateurs de festivals et autres rassemblements ont d’abord fait face à leurs responsabilités, résignés face à l’urgence sanitaire. Puis ils ont eu tout un week-end, calamiteux, pour prendre la mesure du désastre programmé. Désormais, à l’image de Sébastien Pico, directeur du HC Viège cité mardi dans nos colonnes, ils sont nombreux à s’interroger: pourquoi nous? Une question légitime. A-t-on objectivement plus de risques de contracter le coronavirus dans un stade de foot, une patinoire ou un théâtre que dans un centre commercial bondé de consommateurs pressés de faire des réserves de pâtes? Ce qui est sûr, c’est que l’effet domino commence déjà à se faire sentir et que la Confédération, s’appuyant sur les textes de loi, ne prévoit pas d’indemniser les personnes touchées par sa décision.

«Le virus prospère-t-il mieux dans un stade de foot que dans un centre commercial?»

Mais n’est-on pas ici précisément dans un cas de rigueur justifiant des mesures exceptionnelles? Car si freiner le coronavirus est une priorité absolue, empêcher le naufrage de pans entiers de l’économie n’est pas un objectif farfelu pour les collectivités publiques.


À lire: Secteur de l’événementiel face «un désastre économique»


Plutôt que de s’en laver les mains, les politiques devraient songer à débloquer un fonds spécial, comme ce fut le cas en 2017, pour venir en aide aux viticulteurs et arboriculteurs valaisans sinistrés par le gel. Au moins n’excluons pas d’emblée toute forme d’indemnisation, de façon à éviter la panique. Dans le canton de Vaud, les deniers publics, ce n’est pas ce qui manque en ce moment. Rappelons sans malice cette bonne nouvelle: l’État s’apprête à encaisser près d’un demi-milliard, entre les dividendes de la BNS et de la BCV.

Créé: 03.03.2020, 20h59

Joëlle Fabre, Rédactrice en chef adjointe

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