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Catalogne: de l’huile sur le feu

Était-ce bien nécessaire? On est enclin à se poser la question, à la vue des images de chaos et de guérilla urbaine qui font la une des médias espagnols depuis le verdict délivré lundi par la Cour suprême du pays. Était-ce bien nécessaire de prononcer des peines aussi lourdes contre neuf citoyens à la tête d’un référendum d’autodétermination et qui ont entraîné dans la foulée une bien vaine déclaration d’indépendance du Parlement catalan? Fallait-il être aussi dur, d’autant que l’affaire semblait s’être essoufflée ces derniers mois? Le dernier sondage publié cet été, par le gouvernement indépendantiste justement, indiquait même que plus de 48% des Catalans étaient opposés à la sécession, contre 44% d’avis favorables.

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Alors, fallait-il, au nom de la loi, remettre de l’huile sur le feu et renvoyer tout le monde dans la rue ce vendredi à Barcelone, dans un rassemblement «à la «gilets jaunes», avec des casseurs infiltrés qui s’en donnent à cœur joie sur le mobilier urbain dans le sillage des autres manifestants? Fallait-il vraiment tenter le diable?

«Les juges de la Cour suprême espagnole ne pouvaient pas ne pas punir»

Dans ce délicat arbitrage, nous explique-t-on, les juges de la haute instance ne pouvaient pas ne pas punir. Face aux autres frères espagnols qui s’estiment trahis et brandissent la Constitution du pays. Face aux Basques qui observent, et au-delà, face aux autres minorités européennes, qui, de la Flandre à la Corse en passant par la Bretagne, se demandent jusqu’où elles pourraient bien aller. Face enfin à un gouvernement en pleine campagne électorale, la quatrième en quatre ans, avec de grosses incertitudes quant à qui, en novembre, gouvernera le pays. Alors, fallait-il?

Non, il ne fallait pas. Il fallait au contraire éviter que l’émotionnel ne l’emporte une nouvelle fois sur la raison. Éviter aussi de rejouer le feuilleton judiciaire, sans doute devant la Cour européenne des droits de l’homme cette fois. Et en attendant, ne pas laisser les Catalans, eux-mêmes divisés sur l’épineuse question, se déchirer encore un peu plus chaque jour.

À Madrid, Pedro Sánchez espère l’apaisement et demande un «dialogue». Mais en ayant fermé la porte dès le début, l’Espagne doit maintenant éteindre le feu.

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