Changer les têtes, c’est être démocrate

Éditorial

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Il arrive que le Parti libéral-radical constate que la responsabilité individuelle n'est pas l’alpha et l’oméga de la résolution des problèmes. Un slogan ne fait pas tout. Au fond, modifier les règles du jeu sous la pression extérieure et pour se maintenir en forme, cela fait partie de l’ADN du PLR. Depuis les origines du canton moderne et démocratique, les radicaux ont appris à partager le pouvoir par touches successives. À la fin du XIXesiècle, ils ont d’abord concédé une part du gâteau aux libéraux. Au début du XXIe, il y a huit ans, ils ont fini par fusionner avec eux, longtemps vus comme d’hostiles cousins.


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Aujourd’hui ce mariage est digéré et le PLR s’apprête à fixer des règles dans le même esprit que sa puissante section lausannoise vient de le faire. Lors du débat électoral que votre quotidien vous a proposé il y a deux semaines, la candidate PLR Christelle Luisier se disait favorable à une limite à trois mandats. On est loin des mystères entretenus par les deux conseillers d’État de son parti, qu’elle souhaite rejoindre au Château cantonal.

Les Lausannois ont décidé qu’à leur échelle la limite serait fixée à trois mandats, avec dérogation possible, et espèrent convaincre leurs collègues de tout le canton. La direction du parti vaudois avance aussi sur ce chemin. Ouvrir le débat sur cette limitation équivaut à dire à Broulis et Leuba que l’heure a sonné. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les autres partis gouvernementaux vaudois ont déjà des règles semblables. Ce n’est pas tant parce qu’ils sont à gauche, mais plutôt parce qu’ils sont conscients de leur responsabilité. La démocratie est un être vivant qui nécessite des soins attentifs.

«Ouvrir le débat sur la limitation des mandats équivaut à dire à Broulis et Leuba que l’heure a sonné»

Imaginez 2022. Pascal Broulis aurait passé vingt ans au Conseil d’État. Son collègue Philippe Leuba afficherait quant à lui quinze ans au compteur. Leur départ permettrait à d’autres, contemporains ou plus jeunes, de prendre à leur tour des responsabilités exécutives, de représenter d’autres intérêts, d’autres régions, d’autres aspirations. La démocratie, c’est plein de choses à la fois. C’est gagner des élections et des réélections, mais c’est aussi permettre que de temps en temps les têtes changent. Dans d’autres régimes plus sombres, on se contente de les couper.

Créé: 04.02.2020, 07h30

Jérôme Cachin, journaliste rubrique Vaud & régions.

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