Non à la «cheap» démocratie

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Scandaleux. C’est l’unique mot qui vient à la bouche lorsque l’on évoque la manière dont certaines entreprises gèrent la récolte de signatures pour des objets politiques. Des personnes abordent des passants dans la rue en leur vendant un texte en faveur du congé paternité, alors qu’il s’agit en réalité du référendum combattant les deux petites semaines accordées par le parlement. C’est la deuxième fois en six mois que de telles pratiques sont dénoncées.

Ce printemps, le référendum de l’UDF contre l’extension de la norme antiraciste avait été vendu comme un texte luttant contre l’homophobie. Deux hypothèses: soit ces racoleurs rémunérés à la signature sont malhonnêtes, soit ils n’ont aucune idée ce dont ils parlent. On soupçonne les deux. Dans tous les cas, il s’agit d’une grave atteinte à notre démocratie directe.


Lire aussi: Une plainte pénale vise les signatures «volées»


L’une des entreprises concernées traite pourtant ces affaires avec une légèreté révoltante. Ses responsables se paient le luxe de refuser de répondre aux questions légitimes et de ne pas condamner avec fermeté de telles pratiques.

Simple maladresse des chasseurs de paraphes? Il est permis d’en douter. Reste que ces derniers sont surtout à blâmer pour leur ignorance. De plus en plus, on les croise dans la rue, brandissant à la va-vite des fiches à remplir, débitant quelques phrases approximatives. L’autre jour au marché, le référendum contre l’«e-ID» était devenu «un truc sur les données personnelles» dans la bouche d’un jeune homme dont l’unique conviction était de se faire quelques sous à la fin de la journée.

Pauvre démocratie que le monde nous jalouse, où les idées politiques semblent avoir été taillées pour ne pas dépasser la longueur d’un tweet.

Même s’ils ne sont pas les commanditaires de la tromperie, les mandataires de ces entreprises, partis ou comités politiques, sont tout aussi responsables. Après tout, bien qu’il ne s’agisse pas de militants, ces récolteurs sont leurs ambassadeurs.

«Faites attention avant de signer!» clament certains. Non, on ne mettra pas la faute sur le citoyen. Des personnes bien informées se sont-elles aussi fait avoir. À présent, la réaction du politique à ces pratiques doit être immédiate et sans appel.

Hasard de calendrier, le «baromètre des préoccupations» de Credit Suisse publié jeudi révèle une véritable «crise de confiance» dans les institutions du pays. Un signal alarmant. Si la confiance est rompue, c’est tout l’exercice de la démocratie directe qui est mis en question.

Créé: 06.12.2019, 06h56

Lucie Monnat, rubrique Suisse.

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