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Le climat, c’est comme le cinéma

Des millions, des centaines de millions. 100 par ici, 200 par là, 500 demain. On est un peu sonné, comme à chaque fois que les chercheurs nous distillent, à coups de nouvelle étude, des chiffres sur les futures victimes de la montée des eaux. Et comme à chaque fois, on s’empare du scénario, car, le climat c’est comme au cinéma, on parle de scénarios. Modéré, maîtrisé, moins maîtrisé, catastrophique, worst case, very worst case. Sauf que cette fois, nous y sommes dans le scénario. En plein dedans.

«On découvre avec effroi que le grand déluge n’épargnera pas nos cités douillettes»

Ne soyons pas hypocrites, la montée des eaux, lorsqu’elle concernait les pays du sud-est de l’Asie, touchés par ailleurs par les moussons et autres phénomènes météorologiques extrêmes, nous concernait moins. C’était tragique, certes, mais tellement loin. Et on l’observait, avec toute la retenue imposée par la complexité des estimations et le débat qu’elles suscitent. Aujourd’hui, on découvre avec effroi que le grand déluge n’épargnera pas nos cités douillettes. Le front de mer de Manhattan inondé à l’heure du jogging. Canary Wharf sous l’eau et le prix du duplex avec vue sur la Tamise qui s’effondre. La maison de vacances du cap Ferret avalée par la dune, heureusement qu’on ne l’avait que louée celle-là. Alors, on devient tous des experts en digues, fortifications et polders en tout genre. Et on découvre, peut-être un peu tard, que c’est notre mode de vie carboné, de la machine à café au streaming de vidéos, qui conduit l’humanité dans l’impasse, d’abord chez les autres, maintenant chez nous.

Fin novembre se tiendra au Chili la COP25, énième sommet onusien au chevet du climat. Et ce n’est pas un hasard si les océans et leur montée irréversible sont à l’ordre du jour. Sur fond de manifestations programmées, ce sera une nouvelle fois un combat stérile entre riches et pauvres de la planète. Ceux qui, à coups de milliards, d’urbanistes et de crédits environnementaux, reconstruiront chaque année les plages et le bac à sable de leurs enfants. Et ceux qui, par manque d’argent et dans l’indifférence générale, seront contraints d’abandonner leurs rives. Les gagnants et les perdants. Comme au cinéma.

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