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Climat: l’obstacle égoïste des géants

La conférence sur le climat s’ouvre ce lundi à Madrid dans un climat plutôt sombre, pour ne pas dire déprimant. Tout indique que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre continue. Un rapport scientifique qui sera divulgué dans la semaine montrera qu’en l’absence d’actions fortes, le climat se réchauffera de 3degrés Celsius d’ici à la fin du siècle. Non seulement la météo risque de devenir très facétieuse, mais plus de 600millions de personnes seront directement menacées par la montée des eaux de plus de 1mètre. Bref, le compte à rebours pour stabiliser les grands équilibres physiques de l’atmosphère est mal parti. La planète est en retard dans l’agenda fixé par les scientifiques. Et, pour ne rien arranger, la Chine, devenue la plus grosse émettrice de gaz à effet de serre, semble hésiter dans la poursuite de ses objectifs environnementaux.

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Lire l'article: «Il faut arrêter de faire la guerre contre la planète»

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À Paris, en 2015, la Chine avait surpris tout le monde en acceptant le principe d’engagements contraignants. Elle pouvait se targuer de résultats spectaculaires. La deuxième puissance économique du monde est celle qui investissait le plus dans les nouvelles énergies renouvelables. Mais, depuis quelques mois, rien ne va plus: elle a réduit de moitié ses investissements dans les énergies vertes, coupant de manière drastique les subventions accordées aux producteurs de courant solaire et éolien. Le pays, fortement endetté, traverse une crise industrielle sans précédent. Et, surtout, ébranlé par les tensions commerciales avec les États-Unis, le pays du président Xi Jinping se méfie et doute de la sincérité des promesses occidentales. Le climat nationaliste, exacerbé par les manifestations à Hong Kong, redonne au conglomérat tout-puissant du charbon une légitimité qu’il avait en partie perdue dans les discours officiels. Enfin, il semble difficile pour l’Europe d’exiger davantage de la Chine ou de l’Inde au moment même où les États-Unis de Donald Trump veulent relâcher les normes sur les émissions polluantes.

«Depuis quelques mois, la Chine a réduit de moitié ses investissements dans les énergies vertes»

Même si tout est encore possible, l’hésitation chinoise et le travail de sape américain dans les relations internationales font perdre à l’humanité un temps très précieux. Quelques années qui pourraient être si décisives.

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