Cohérence à géométrie variable

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Cohérence», «équilibre». Les ministres vaudois n’ont que ces mots à la bouche lorsqu’ils justifient une réorganisation de leurs départements. Ce fut encore le cas mardi, deux jours après l’élection de la PLR Christelle Luisier, quand on apprenait les naissances gémellaires, par fission puis fusion, d’un Département des institutions et du territoire et d’un Département de l’environnement et de la sécurité.


À lire : Le gouvernement veut passer la surmultipliée pour le climat


On peut bien sûr se féliciter que le gouvernement ne cherche pas à échafauder une structure absurde et bancale. On notera aussi que c’est la loi sur l’organisation du Conseil d’État qui lui impose de grouper ses services «selon des critères d’efficacité, de cohérence et d’équilibre». Des notions à géométrie variable.

En 2013, ce même souci de «cohérence» dictait au contraire la réunion du Service du développement territorial et de la Direction générale de l’environnement. «Deux grandes entités appelées à collaborer dans maints dossiers et projets», trompétait le communiqué. Ne le sont-elles plus?

«Ce bel organigramme équilibré vaut moins que des actes concrets»

En 2017, l’Unité du développement durable était détachée de la présidence et parachutée dans ce DTE, «permettant de renforcer la cohérence entre d’une part les politiques environnementale et territoriale et, d’autre part, la mise en œuvre de l’Agenda 21».

Aujourd’hui, le Conseil d’État sépare Territoire et Environnement, pour rattacher le second à la police et aux prisons. Il n’est plus question de «cohérence» dans le lexique du communiqué, mais d’«harmonie». Celle-ci semble avoir davantage trait aux personnes qu’à la matière. La Verte Béatrice Métraux reprend l’Environnement, le core business de son parti, et le futur Plan climat qui va avec, sans céder la chaîne pénale qui lui est chère. Christelle Luisier obtient les Institutions et le Territoire, les deux spécialités de la députée-syndique de Payerne. Personne n’est méprisé. Voilà qui est «harmonieux».

La majorité de gauche du Conseil d’État prend ses responsabilités sur le thème le plus chaud du moment, le climat. Mais ce bel organigramme équilibré vaut moins que des actes concrets. Devant les efforts planétaires qui s’imposent et auxquels chacun doit contribuer, le futur Plan climat vaudois sera-t-il aussi ambitieux que le permettent les excellentes finances du Canton? Voilà qui serait «cohérent» avec les attentes d’une grande partie de la population.

Créé: 14.02.2020, 21h43

Vincent Maendly, Rubrique Vaud & Régions

Articles en relation

Le gouvernement veut passer la surmultipliée pour le climat

Vaud En présentant son bilan à mi-parcours, le gouvernement a surtout parlé d’un avenir durable. Plus...

La Verte Béatrice Métraux prend en main l’Environnement

Conseil d'Etat Le Conseil d’Etat remanie trois Départements. Nouvelle élue, la PLR Christelle Luisier hérite du Territoire et des Communes. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.