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Pour un congé de chaleur sur les chantiers

Ni l’alerte de degré 3 lancée en début de semaine par MétéoSuisse ni les mises en garde du médecin cantonal n’arrêteront les chantiers en cours. Face aux températures qui atteignent 32 à 34 °C à l’ombre, avec des températures nocturnes de plus en plus élevées, les recommandations pleuvent sur la population.

«Il est possible de se protéger par des mesures simples», lit-on sur le site de l’État de Vaud. Comment? En restant chez soi aux heures les plus chaudes ou en profitant des endroits frais, par exemple. De quoi faire rire très jaune les ouvriers qui refont nos routes en plein cagnard, pendant qu’on peste sur la clim du bureau ou qu’on se plaint du bruit des travaux en sirotant un spritz sur notre balcon. Pelleter du goudron en fusion en plein soleil avec un casque en plastique sur la tête, est-ce bien indiqué, docteur?

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A lire l'article:L’alerte canicule ne change pas l’ordinaire des ouvriers de chantier

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Plus de 50 000 accidents se produisent chaque année en Suisse sur les chantiers, dont un mortel toutes les deux semaines. Le travail en hauteur, la manipulation de charges et la conduite de machines font de la construction un secteur à hauts risques.

La canicule est désormais à ranger objectivement au nombre des dangers mortels. Entre 2000 et 2015, les principaux assureurs de Suisse ont enregistré une hausse de 7% des accidents de travail sur les chantiers les jours où la température dépassait 30 degrés. La forte chaleur épuise et diminue la concentration. Et sur un chantier, l’inattention tue.

«Ne jetons pas la pierre aux entrepreneurs, mis sous pression par les pouvoirs publics»

Ne jetons pas trop vite la pierre aux entrepreneurs. Les patrons sont nombreux à faire leur possible pour protéger leurs hommes, livrant des palettes d’eau, adaptant les horaires. C’est en direction des pouvoirs publics qu’on serait tenté de lancer une pique.

Ces cantons, ces communes, qui, la bouche en cœur et pour le bien de leurs administrés, mettent la pression sur les entreprises, non seulement sur les coûts, mais aussi sur les délais. Comment accorder un congé de chaleur à ses ouvriers quand on risque une pénalité financière pour le moindre retard pris sur le calendrier? Les journées caniculaires devenant de plus en plus fréquentes, il est temps de considérer la grande chaleur – au même titre que le grand froid – comme un motif valable pour stopper les travaux.

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