Le congé paternité profitera à la Suisse

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Messieurs, vous avez droit à un jour de congé pour déménager, trois en cas de décès de votre maman… et un seul quand votre conjointe accouche. Après la naissance de bébé, vous aurez juste le temps d’accueillir vos proches à la maternité, d’envoyer les faire-part et de vérifier que tout est à peu près rangé à la maison. Le lendemain, retour au boulot. Telle est encore la pratique issue du Code des obligations, article 329, alinéa 3. On appelle ça les «jours de congé usuels», que les employeurs sont tenus d’accorder à leurs collaborateurs «pour des événements particuliers».

«Après la naissance d’un enfant, il faut investir du temps et de l’énergie»

S’agissant de la venue au monde d’un enfant, cette politique-là tient de la mauvaise blague. Quiconque l’a vécue peut en témoigner: c’est un bouleversement sans équivalent dans une vie de couple. Il faut tout apprendre, s’adapter, redéfinir les priorités, se relayer en pleine nuit, se rassurer, communiquer… Autant d’actions essentielles qui exigent d’investir du temps et de l’énergie.


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À l’heure où les femmes descendent par milliers dans les rues de Suisse pour réclamer davantage d’égalité, notre parlement a enfin l’occasion d’agir à cet égard. Un congé de paternité rémunéré de deux semaines a de bonnes chances de passer la rampe, dès jeudi au Conseil des États. Dix jours ouvrables, soit un compromis bien helvétique entre la générosité d’une initiative populaire qui en réclame deux fois plus et la rigueur d’un gouvernement qui ne veut rien du tout dans ce domaine.

Le Conseil fédéral s’arc-boute au statu quo en disant que, pour aider les parents à concilier vie de famille et parcours professionnel, il préfère développer les offres d’accueil extrafamilial. Mais cette Suisse qui vieillit peut et doit agir sur les deux tableaux, en octroyant aussi quelques jours de congé aux papas.

Cette solution coûterait bien trop cher à l’économie, argumentent encore nos sept Sages (dont cinq, soit dit en passant, n’ont eux-mêmes pas d’enfants). La vérité, c’est qu’il n’y a plus guère que l’UDC et la faîtière des PME pour croire à un discours aussi pessimiste. Notre pays a tout à gagner à renforcer sa politique familiale. Un peu de bon sens, bon sang!

Créé: 16.06.2019, 19h51

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