Comme il est cool d’affirmer ses valeurs

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«Génération bigots.» C’est ce que titrait récemment un quotidien français pour qualifier le phénomène de ces jeunes qui clament haut et fort croire en Dieu. La hausse de la foi chez les adolescents et les jeunes adultes est une réalité statistique en France. Les chiffres ne montrent rien de tel en Suisse, où, il est vrai, la laïcité ne constitue pas un impératif tout-puissant du vivre-ensemble. Mais quelque chose a également changé ici: des jeunes affirment sans complexe leur croyance, aussi bien sur les réseaux sociaux qu’entre amis, à l’école, au travail.

Lire: La génération qui n’a pas peur de se dire croyante

Les raisons de ce changement semblent aussi complexes que nombreuses et les spécialistes n’ont pas fini de l’étudier. Dit schématiquement, pour les générations précédentes élevées dans la transmission religieuse, il était cool de rejeter le carcan ancien et de brocarder la religion. Aujourd’hui, ceux qui sont devenus parents et grands-parents sont en recherche et se débrouillent avec ce que les sociologues nomment «le grand bricolage religieux». Il devient alors cool pour les jeunes de s’emparer des valeurs oubliées.

Ce réveil métaphysique est loin d’amener les jeunes en masse dans les églises le dimanche matin

Les responsables de la pastorale de jeunesse évoquent un besoin des jeunes de s’identifier à une idéologie structurante ou autour de valeurs qui font sens. La critique de la société matérialiste jouerait également un rôle. Pour certains, comme dans le champ politique, un réflexe identitaire serait à l’œuvre face au multiculturalisme grandissant de la société. Dans tous les cas, ce réveil métaphysique est loin d’amener les jeunes en masse dans les églises le dimanche matin.

À quelques jours de Pâques, nous avons choisi de donner la parole à plusieurs jeunes chrétiens vaudois. Sans être représentatifs d’une génération de jeunes croyants, ils illustrent différentes tendances et façons de vivre la foi. Parmi ceux que nous avons rencontrés, certains en appellent à une société moins laïque et prônent le retour à une morale stricte. D’autres cherchent simplement du sens à leur vie ou à rencontrer des personnes dans un cadre propice aux échanges. Rien de bien rebelle, au fond. (24 heures)

Créé: 28.03.2018, 23h58

*Patrick Chuard, Politique vaudoise

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