Coronavirus, le remède de cheval et le Dafalgan

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D’abord, il faut saluer la solennité. Du côté du Conseil fédéral et de son petit frère vaudois, des choses importantes, graves même, ont été dites sans panique ni populisme. Tout le monde semble avoir compris que ce n’est pas à coup de Dafalgan que nous nous débarrasserons du virus. C’est important à l’heure où nous basculons dans un monde avec son lot d’incertitudes anxiogènes.


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Reste que, malgré les nombreuses séances préparatoires entre Berne et les Cantons, subsiste un petit goût de cacophonie et d’usine à gaz. Sur la date de fermeture des écoles, sur le fait que les crèches ou cinémas restent ouverts ou pas, sur le fait que les Conseils national et des États continuent à fonctionner, alors que le parlement vaudois ferme immédiatement ses portes, sur la taille des rassemblements possibles, etc.

Par exemple, pendant que Christophe Darbellay appelait vendredi matin sur la RTS les gens à venir skier en Valais où il fera beau le week-end, que Philippe Leuba et Béatrice Métraux affirmaient que les stations resteraient ouvertes, Alain Berset disait juste le contraire quelques heures et minutes plus tard. Enfin, quid des onze marchés vaudois qui doivent se tenir ce samedi? Avec un policier et un civiliste sur chaque lieu pour distribuer des tracts et s’assurer que la distance sociale soit respectée. Face à la crise exceptionnelle, la machine administrative et politique coince encore. Et dans ces circonstances, la lenteur du fédéralisme montre quelques limites et paradoxes.

«C’est donc aussi à chacun de résoudre une crise sanitaire mondiale»

Mais les autorités ont aussi rappelé que l’État ne peut pas tout. Dans les jours qui viennent, c’est à chacun de montrer à la fois son sens de la responsabilité individuelle et de la solidarité. Les règles d’hygiène et de comportement, nul ne peut les ignorer tellement elles ont été diffusées à grande échelle; et nous n’avons pas d’autre choix que de leur faire confiance. C’est donc aussi à chacun de résoudre une crise sanitaire mondiale. Avec la montée en puissance du coronavirus, le civisme, déjà bien en crise depuis la «libération» de la parole sur les réseaux sociaux, en a encore pris un coup. À la légitime question de savoir si scientifiques, médias, politiques en font trop ou pas assez, la violence écrite de certains laisse songeur. Ces prochaines semaines, alors que nos libertés fondamentales vont être mises à mal par les nécessaires mesures sécuritaires et sanitaires, il serait bon de pouvoir échanger et fonctionner normalement; malgré les tensions et désaccords. Dans le réduit national, cantonal, communal, familial où nous serons confinés.

Créé: 13.03.2020, 19h41

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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