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À quoi rêvent les jeunes artistes en 2020? De trajectoires sans le sou à la Paul Gauguin ou Van Gogh, ne vendant quasi rien de leur vivant mais portés ensuite aux nues par les musées et amateurs fortunés du monde entier? Ou de carrières à la Jeff Koons et Damien Hirst, artistes millionnaires – et, eux, bien vivants – dont les prix des œuvres atteignent des sommets aux enchères?


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Il y a fort à parier que la plupart des artistes actuels – qui jonglent entre un job alimentaire dans l’enseignement, des mandats dans des domaines pour lesquels ils ont quelques qualifications et leur propre production artistique – rêvent de la deuxième option. On les comprend: l’art contemporain est à la mode et les meilleurs du marché (la valeur est ici marchande) mènent des vies de rock-stars.

En 2018, la revue «Science» révélait ce que tous les acteurs avertis du milieu de l’art savaient déjà: la formule magique pour devenir un artiste riche et célèbre. On apprenait ainsi, ou on faisait mine de découvrir, qu’un réseau d’influence faisait et défaisait les cotes des artistes. Et qu’il fallait être soutenu, dès les cinq premières années de sa carrière, par les personnes et institutions clés constitutives de ce réseau. Eurêka.

«Lausanne s’est offert un musée d’envergure internationale dont l’aura peut influencer les cotes des artistes présentés sur ses murs»

L’étude expliquait encore qu’au centre de ce réseau figurait le MoMA à New York, les musées Guggenheim, la Tate Modern à Londres ou encore les galeries de Larry Gagosian. Et qu’en périphérie de ce cercle vertueux se trouvaient des acteurs – institutionnels et commerciaux – moins connus mais pouvant faire office de relais pour atteindre le cœur battant du marché de l’art.

La région lausannoise peut compter depuis déjà longtemps sur une école d’art influente, l’Écal, dont la réputation n’est plus à faire. Avec le MCBA, la Ville s’est offert un musée d’envergure internationale dont l’aura, certes plus modeste que celle du MoMA, peut influencer les cotes des artistes présentés sur ses murs, parmi lesquels, on l’espère, de nombreux Vaudois.

Mais pour que la formule magique citée plus haut fonctionne à Lausanne, il sera nécessaire qu’un acteur commercial, une grande galerie d’art par exemple, travaille sérieusement à faire progresser les carrières des artistes d’ici et la valeur de leurs œuvres.

Créé: 11.03.2020, 06h34

Catherine Cochard, Journaliste

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