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Une crise inédite, mais très électorale

Un gouvernement membre de l’Union européenne qui rappelle son ambassadeur dans un autre pays membre de l’Union européenne, cela ne s’était jamais vu. C’est dire l’intensité et le caractère exceptionnel de la crise diplomatique qui s’est déclarée jeudi entre la France et l’Italie.

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Bien sûr les tensions ne datent pas d’hier et on peut même les faire remonter au-delà du gouvernement de coalition constitué entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles en juin dernier. Sur le plan économique, la prise de contrôle du géant agroalimentaire italien Parmalat par le français Lactalis ou dans l’autre sens le blocage de la reprise des Chantiers de l’Atlantique par Fincantieri sont bien plus anciens et perçus dans la Péninsule comme une voracité française à sens unique. De même le sentiment italien d’abandon face à la crise des migrants a des racines qui remontent jusqu’en 2013 quand la France a fermé ses frontières.

«Des deux côtés, la crise est instrumentalisée en vue des élections européennes»

Mais c’est bel et bien l’affrontement politique posé en axiome par Emmanuel Macron entre «les populistes et les progressistes» qui est venu exacerber ce conflit. Entre lui et le tandem Salvini-Di Maio, il y a un abîme qui n’a cessé de se creuser depuis l’été dernier et qui place dans les élections européennes du 26 mai le grand combat, la mère de toutes les batailles.

C’est peut-être cette perspective qui permet de relativiser la profondeur véritable de la crise entre la France et l’Italie. Car d’un côté comme de l’autre, elle est instrumentalisée en vue des élections européennes. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron encaissait les coups et parce qu’il ne se sentait pas en position de force, il n’y répondait pas. En face, on s’est enhardi, jusqu’à des prises de position insultantes et difficilement acceptables.

Est-ce un hasard si Emmanuel Macron réplique au moment où il retrouve force et couleurs grâce au Grand débat qui l’a remis en selle? Sans doute pas, car en rendant les coups, en faisant appel à l’honneur national, il renoue avec ce qu’il avait beaucoup perdu ces derniers mois: le sens de l’initiative. Reste que, comme ses adversaires, il surjoue la crise à des fins électorales.

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