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Un peu de culot, Monsieur Berset

Quel est le prix de cinq ans de vie supplémentaire? Quel coût la société est-elle capable d’assumer pour soigner, alléger la souffrance, prolonger nos jours? Ces terribles questions préoccupent les éthiciens de la santé. Elles rattrapent désormais la Suisse et ses décideurs politiques. L’apport de l’innovation pharmaceutique sur nos vies ne se laisse pas chiffrer. En revanche, ce qui est sûr, c’est que l’explosion du coût des nouvelles thérapies, notamment contre le cancer, alarme les spécialistes. Des traitements standards peuvent désormais atteindre 100'000 francs par an et par patient, à charge de l’assurance de base. Le système va dans le mur.

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Alors l’ONG Public Eye suggère à la riche Suisse de faire ce que n’ont fait jusqu’ici que des pays en voie de développement: casser les brevets de certains médicaments. Faire baisser les prix. Cela ressemble à une provocation, certes, mais, au fond, les acteurs politiques sont bien conscients qu’il faudra mettre un peu plus de pression sur la pharma. Le compromis actuel – voulant qu’un brevet récompense une innovation qui a elle-même demandé beaucoup d’investissements – atteint ses limites quand les prix des produits s’envolent à ce point… et sans justification transparente. Une enquête de la Télévision alémanique a ainsi montré que Roche, dans le cas d’un anticancéreux, a pu obtenir presque deux fois le prix que ce que la Confédération proposait au départ, au terme de négociations dignes d’un souk oriental.

Le conseiller fédéral Alain Berset a depuis longtemps mis la pression sur le prix des médicaments, avec un certain courage et des économies de centaines de millions à la clé. Il a même dévoilé un nouveau plan de mesures l’automne dernier. Mais l’exemple cité plus haut prouve qu’il reste de la marge. Le ministre socialiste de la Santé se réfugie pour l’instant derrière des considérations légales pour ne pas toucher aux médicaments brevetés. Sa prédécesseure Ruth Dreifuss soutient pourtant la démarche de Public Eye et on ne peut pas dire qu’elle ignore la loi. Face à la dérive du système, le courage ne suffit pas. Il faut passer au culot

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