Une culture saine dans un marché sain

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Toujours plus de festivals, davantage de concerts, de spectacles que d’oreilles et d’yeux pour en profiter, des têtes d’affiche à ne manquer sous aucun prétexte, une ébullition permanente qu’il faut soutenir: à partir de quel moment l’offre ponctuelle pèse-t-elle trop sur la balance culturelle? Déjà, il faut oser le dire! La bonne conscience forçant à plébisciter l’abondance, la diversité et le droit à chacun d’être acteur et consommateur de culture. Mais en déversant leur billetterie de mastodonte sur un bassin de population déjà fort sollicité, la Fête des Vignerons (400'000 places à vendre) et le Cirque du Soleil (120'000) ont révélé – sans toutefois être pointés du doigt par leurs concurrents directs – un déséquilibre réel qui se terre plus ou moins bien…

Pour courir la star, la dernière production qui fait le buzz ou la création singulière et incomparable, nul besoin d’aller à Paris, à Londres ou à Berlin, l’arc lémanique est gâté, bien doté même. Mais ses habitants peuvent-ils s’offrir en argent, et en temps, ce paradis culturel? Certaines manifestations, nées dans une poussée de fièvre, ont déjà dû répondre par la négative, d’autres tentent le partage des coûts et des risques entre les milieux associatifs et économiques. D’autres encore surnagent grâce au coup de cœur d’un mécène pendant que certains se trouvent toujours des excuses, il n’y a pas plus facile que de faire mentir un taux de fréquentation en comptabilisant les invités!


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Mais face à la radiographie d’un tissu culturel très dense, s’ils sortent de leur hibernation, les poids lourds semblent encore rester spectateurs, davantage dans l’analyse que dans la prise effective de mesures. À commencer par l’inévitable révision de la politique tarifaire, afin de fidéliser et d’attiser la curiosité, ailleurs que dans la cour des nantis prêts à mettre le prix, peu importe le montant ou même l’intérêt de l’affiche.

À haut potentiel concurrentiel, la machine s’est emballée, l’offre s’est piquée d’événementiel. Le public a pu y trouver son compte au détriment de son libre arbitre, mais la culture a une valeur autre que vénale, et c’est ce même public contraint de faire des choix et de réveiller son esprit critique qui le rappelle. Dans l’ADN d’une culture saine vit l’idée de rassembler les êtres plutôt que de les disperser! (24 heures)

Créé: 22.05.2019, 06h44

Florence Millioud Henriques, Rubrique Culture

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