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Le défi climatique et la pensée latérale

Organiser un grand débat sur la congestion de nos routes la veille de l’ouverture de la conférence sur le climat démontre un sens du timing peut-être fortuit, mais opportun. Jeudi soir, dans un Swiss Tech Convention Center fort bien garni, le Centre Patronal accueillait la conseillère fédérale Doris Leuthard et un aréopage de politiciens, d’entrepreneurs et d’experts pour tenter de dégager des pistes (d’autoroute?) susceptibles de résorber les coûteuses entraves à la mobilité routière que vit notre canton depuis quelques années.

«L’innovation doit être soutenue, plus que jamais. Elle est rarement le fait des dominants»

Davantage de routes, de voitures, de camions, à l’heure du combat contre le réchauffement climatique, est-ce bien raisonnable? Sauf que la question ne se pose pas vraiment en ces termes. Et que la réponse ne viendra sans doute pas d’où on l’attend le plus. C’est, en substance, la leçon tirée des propos passionnants de l’excellent professeur André-Gilles Dumont, qui dirige encore pour quelque temps le laboratoire des voies de circulation à l’EPFL. Dans un exposé plein d’humour, ce scientifique qui a traversé plusieurs décennies d’évolution de la mobilité routière a présenté des solutions qui, pour la majorité de son audience, pouvaient apparaître comme de la science-fiction. Mais non, tout est là, ici et maintenant: véhicules autonomes et intelligents, qui conversent entre eux, qui réduisent le risque sécuritaire, l’empreinte au sol et la dépense énergétique. A cette aune, on peut décliner des pans entiers de l’activité humaine, habitat, industrie, agriculture.

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