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Proportionné? C’est le bon terme pour parler des drôles de choses qui se passent autour de la défense de l’environnement et de la liberté de la presse. La semaine dernière, Reporters sans frontières dénonçait avec raison les conditions – une charte digne de la «Pravda» à signer au préalable – dans lesquelles avaient dû travailler les journalistes lors du tirage au sort du candidat de la Grève du climat pour la prochaine élection à la complémentaire du Conseil d’État. Disons-le d’ores et déjà haut et fort, même si certains nous trouvent un peu «vieille école» sur la question: si Juliette X veut croiser le fer lors d’un futur débat avec ses adversaires PLR et pirate, elle est la bienvenue dans nos colonnes. Aux mêmes conditions que les autres. Pas d’anonymat, pas de questions que nous aurions livrées au préalable. Libre à elle de parler en utilisant le «nous» au nom du collectif.

«Embarqué, le manifestant était pourtant resté derrière la rubalise de sécurité»

Proportionné? C’est le mot qu’avait utilisé le commandant de la police lausannoise lors d’une visite, il y a quelques mois, à notre rédaction au moment de décrire l’usage de la force lors des premières manifestations d’Extinction Rebellion. Mais, lors de celle de samedi dernier, ce qu’on voit sur cette vidéo en plein centre de Lausanne et diffusée par les réseaux sociaux, puis relayée par nos confrères du «Courrier», ne l’est pas. D’abord, cette policière qui s’échine à empêcher un photographe indépendant travaillant pour Keystone à immortaliser des arrestations assez musclées alors que des passants neutres traversent la même zone. Ensuite, ce militant qui proteste dans la foulée au nom de la liberté de la presse et qui se fait embarquer manu militari alors qu’il était clairement resté derrière la rubalise de sécurité.


Lire aussi: La police accusée de «débordement» par les Verts


Proportionné? Puisque ces manifestations vont se multiplier ces prochains temps, il faudra pourtant bien trouver un chemin. Même si les fronts se durcissent ici aussi, le dialogue démocratique suisse doit rester empreint d’un respect certain pour la position et les obligations d’autrui, fussent-elles portées par des «ennemis» d’un jour. La désobéissance civile, pourquoi pas? Le maintien de l’ordre public, certainement aussi. Mais tout ça à notre sauce, pas forcément avec des «gilets jaunes» ou verts qui se tapent dessus avec des CRS.

Créé: 17.12.2019, 07h28

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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