La «digital detox» doit être un droit

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C’est un comble. Censées donner davantage de liberté et d’autonomie aux salariés, les nouvelles technologies sont devenues un piège. L’employé – soit par peur d’être disqualifié, soit pour jouer les bons élèves – a pris l’habitude de consulter en permanence ses mails, la nuit, le week-end, sur la plage, voire d’y répondre. De leurs côtés, les cadres dirigeants, eux mêmes corvéables à merci, envoient des messages n’importe quand, le plus souvent pour exiger un dossier urgent demain à la première heure. C’en est devenu tellement grave qu’en Allemagne, VW ou Daimler en sont venus à bloquer les mails hors des horaires légaux et que la France a inscrit le droit à la déconnexion dans sa loi travail. La Suisse, toujours prudente, commence tout juste à inscrire cette digital detox généralisée dans les conventions collectives de travail.


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Or, alors même qu’on pensait aller dans le bon sens, voici qu’une nouvelle menace se profile. À Berne, deux initiatives parlementaires pourraient clairement réduire à néant les faibles garde-fous contre l’esclavage digital inscrits dans des CCT. Déposées en 2016 par Konrad Graber (PDC/LU) et Karin Keller-Sutter (PLR/SG), ces initiatives visent à délester toutes les personnes exerçant une fonction dirigeante ou disposant d’une autonomie comparable au sein d’une entreprise, ainsi que celles gagnant plus de 120'000 francs par an, d’un temps de travail limité.

«Berne pourrait réduire à néant les faibles garde-fous contre l’esclavage digital»

Le démocrate-chrétien Konrad Graber plaide même pour le droit d’œuvrer le dimanche, les vacances ou la nuit, du moment que ce n’est pas au bureau! En clair, de pouvoir besogner soixante-sept heures par semaine. Les cantons romands, la FMH, les syndicats et les inspectorats du travail de tous les cantons suisses ont hurlé contre cette folie, mais le Conseil des États continue à plancher. Or, flexibiliser l’emploi ne peut être synonyme de déréglementer sauvagement l’activité humaine. Cela va même à l’encontre de toute modernité intellectuelle.

Créé: 16.07.2019, 06h57

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