Donald Trump a besoin de Davos

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Ce sera le choc des géants. Le Forum économique mondial (WEF), qui s’ouvre dans quinze jours à Davos, s’annonce exceptionnel sous bien des aspects. Emmanuel Macron sera la vedette très attendue d’une Europe plus forte, à nouveau en croissance, et qui n’a plus honte de ses dettes. L’édition 2018 sera ouverte – c’est une première – par Narendra Modi, le leader indien d’un pays-continent qui s’affirme comme la troisième plus grande économie de la planète.

L’an passé, le président chinois, Xi Jinping, s’était imposé comme le nouvel homme fort du WEF, plaidant la cause du libre-échange. Au moment même où un certain Donald Trump, champion déclaré du souverainisme économique, était intronisé à Washington et suscitait une forme de stupeur parmi les participants du WEF, inquiets de sa rhétorique protectionniste et menaçante à l’égard de ceux qui ne comprendraient pas ce que veut dire «America first». Le candidat, qui a fustigé dans sa campagne électorale le mondialisme, celui dont les conseillers ont dénoncé «la dictature du parti de Davos et ses élites», en référence à l’activisme de l’administration de Hillary Clinton, sait qu’il arrive dans les Grisons en terrain hostile. L’an dernier, les participants avaient ovationné debout, certains en larmes, le discours d’adieu d’un certain John Kerry, secrétaire d’État sortant, déplorant que son pays puisse s’éloigner d’un ordre international ouvert et fondé sur le droit. Donald Trump n’était pas à Davos en 2017. Mais on ne parlait que de lui, de ses mesures protectionnistes et de sa confrontation à venir avec la Chine et la Russie. Une année plus tard, nous y sommes. Le monde est devenu très fragmenté, multipolaire, même s’il est encore largement dominé par la toute-puissance américaine.

Le nouveau président américain redoute probablement l’accueil qui lui sera réservé. Il mesure aussi tout l’enjeu d’une réunion annuelle où se jouent beaucoup d’alliances et se jauge la réputation des leaders du monde que Klaus Schwab cherche, en bon diplomate, à réconcilier en dépit de leurs intérêts divergents. (24 heures)

Créé: 10.01.2018, 21h25

Pierre Veya, chef de la rubrique économique

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