L’école face à l’urgence numérique

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Sèche comme un coup de règle sur un pupitre, l’interdiction du natel dans les préaux est sans doute la plus concrète des décisions prises par Cesla Amarelle au titre de la révolution numérique de l’école vaudoise. Voilà qui ne mange pas de pain. La suite de la réforme s’annonce en revanche beaucoup plus délicate à gérer pour la socialiste.


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Le chantier est immense, tentaculaire. Il concerne toutes les écoles, toutes les filières, tous les enseignements – obligatoires ou postobligatoires, soit 125'000 élèves et 12'500 enseignants. Il touche à la fois au contenu des cours et à leurs outils pédagogiques. Il pèsera lourd sur le budget. D’autant que l’État de Vaud a un, sinon deux trains de retard dans ce domaine. Maigre consolation, il n’est pas resté seul sur le quai.

«Le chantier est tentaculaire. Il concerne toutes les écoles, toutes les filières, tous les enseignements»

Faute de pouvoir et vouloir s’entendre entre eux, fédéralisme oblige, les cantons se retrouvent seuls à lancer des expérimentations dans leur coin, évitant tout au plus de reproduire l’erreur du voisin. Aussi les choses prennent du temps. Un an après les premières déclamations, un communiqué de presse balise l’avenir, en gras dans le texte: «Il s’agit de mettre sur pied une équipe de projet chargée de définir les conditions-cadres du projet global.» Tout de suite, on mesure la distance à parcourir.

Et déjà les fronts se crispent. Le syndicat SSP s’inquiète de la «précipitation dans laquelle le processus s’initie», et du «manque de consultation et de discussion avec les actrices et acteurs concernés en premier lieu». Des esprits chagrins, sans doute. Qui posent de bonnes questions, comme celle-ci: l’éducation numérique viendra-t-elle diminuer le temps consacré à d’autres apprentissages essentiels pour offrir à chacun une formation de qualité et émancipatrice?

Cesla Amarelle n’aura pas trop d’une législature pour faire avancer ce dossier capital et rassurer les craintes qui y sont liées. Elle qui plaide pour une école «humaniste» et «optimiste» aura besoin de ces deux qualités pour mener à bien la réforme. En rouge ou en vert, elle figurera sur son bilan politique à la tête du DFJC.

Créé: 21.08.2018, 21h06

Vincent Maendly, Rubrique Vaud

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