Election pluvieuse, élection heureuse?

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Ce dimanche 7 mai 2017 marque-t-il enfin une rupture pour la France? Il est en tout cas porteur de quelques espoirs et d’éclaircies potentielles. D’abord, le Front national, même si ses électeurs ont doublé en quinze ans, a une nouvelle fois prouvé qu’il n’avait trouvé ni candidat présidentiable ni programme crédible. Il a même fait peur à une certaine frange de la droite conservatrice. La mauvaise campagne d’entre-deux-tours de Marine Le Pen pourrait potentiellement marquer le début d’une nouvelle guerre des clans en son sein. Avec le risque d’éclatement Nord-Sud autour de la pseudo-dédiabolisation du mouvement. A l’instar de ce qui se passe pour le Ukip en Grande-Bretagne. Ensuite, il faut saluer un taux de participation qui fait pâlir d’envie nos chancelleries, alors que le climat politique était à la défiance citoyenne. Même si, là aussi, le vote blanc et l’abstention sont en nette hausse.

Le fameux «peuple de France» a donc choisi Emmanuel Macron. Un homme qui, à défaut de pas être aussi hors système que certains veulent bien le clamer haut et fort, incarne tout de même une nouvelle génération dans un pays où le paysage politique semblait figé. Dans ce qui sera le véritable second tour, les législatives de juin, la cohérence voudrait qu’il faille donner à ce parti un parlement qui lui permette véritablement d’être «En marche!» sur ses deux jambes. Sinon, l’expérience Macron, à l’instar de ce que fut celle d’Obama, ne pourra déboucher que sur de nouvelles frustrations.

Enfin, la France va structurellement mal. Elle a mal à sa dette, mal à ses régimes fiscaux, mal à son système de santé, mal à sa compétitivité, mal à ses retraites, mal à son identité, mal à sa décentralisation. Le candidat Macron, tout comme certains de ses concurrents, a esquissé quelques pistes plus ou moins radicales. Le même «peuple de France» qui l’a porté au pouvoir ne doit plus seulement se demander ce que Macron peut faire pour lui mais ce qu’il peut faire pour son pays. Et donc cesser de prendre en otage la rue chaque fois qu’un de ses privilèges corporatistes est remis en cause. Avant que le beau temps ne revienne, il faudra – un peu comme dans le canton de Vaud dans les années 90 – s’imposer de sérieux sacrifices. Cela passera aussi par des larmes et du sang. Et pas mal d’humilité.

Créé: 07.05.2017, 21h09

Claude Ansermoz, rédacteur en chef adjoint.

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