Enquêtes FIFA, une cruelle déception

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Foi de procureur général, la justice suisse fait tout juste dans les enquêtes touchant à la FIFA. C’est ce qu’a martelé Michael Lauber, le patron du Ministère public de la Confédération (MPC) hier à Berne. La bienséance veut que l’on doit le croire. Pourtant, l’exercice commence à être compliqué. Au-delà des doutes engendrés par les rencontres secrètes en marge de la conduite des enquêtes, des liens personnels et autres mélanges des genres, révélés récemment, c’est plutôt le dépit qui prend le dessus.


Lire aussi : Le chef du MPC défend ses séances secrètes avec la FIFA


Petit retour en arrière. On est le 14 septembre 2015, à Zurich, un peu plus de trois mois après les arrestations en mondiovision d’officiels de la FIFA à l’Hôtel Baur au Lac. Dans une salle ultrasécurisée, Michael Lauber parade aux côtés de Loretta Lynch, ministre de la Justice américaine. Les yeux dans les caméras, les deux personnalités annoncent en chœur qu’ils vont procéder aux grands nettoyages d’une FIFA qualifiée de mafia. «Enfin», se sont dit les amateurs de football et les autres, heureux de savoir que des enquêteurs iraient au bout des affaires avec impartialité.

Trois ans et demi plus tard, la déception est cruelle. Certes les États-Unis ont mené plusieurs dizaines d’accusés devant les tribunaux ou les ont contraints à des accords moyennant des amendes salées. Mais en Suisse, rien. Des 25 procédures brandies par le MPC, aucune n’a encore abouti, même à un classement. Et pour justifier ce vide, toujours la même rengaine. L’environnement est complexe, international et la quantité de données si gigantesque qu’on la mesure en terabytes. Mais, apparemment, on s’y noie aussi.

«Des 25 procédures brandies par le Ministère public de la Confédération, aucune n’a encore abouti, même à un classement»

La situation laisse perplexe. Au-delà des protagonistes maintenus dans l’incertitude, c’est la capacité de la Suisse à contrôler les fédérations internationales qui en prend un coup. Depuis les années 80, ces mastodontes internationaux ont vécu au-dessus des lois, comme les différents scandales ont fini par le révéler. Aujourd’hui, la lenteur des procédures fait craindre le pire. Que même le MPC ne leur fasse plus peur. (24 heures)

Créé: 21.11.2018, 22h45

Patrick Oberli, Rubrique Sports

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