Une épidémie ne fait pas le printemps

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J’avais envie de vous parler de plein de choses. De la sensation que cela fait d’être le dernier à travailler physiquement dans une rédaction vide, de l’abondant courrier des lecteurs dont on pourrait publier 4 pages par jour, de la chance que nous avons, nous journalistes, de pouvoir jouer un rôle essentiel parmi d’autres dans cette période de crise alors que d’autres ne peuvent pas le faire et se sentent parfois désœuvrés.

J’aurais aussi pu vous dire la première fois où j’ai eu de l’eau plein les yeux ces jours-ci même sans prendre le Covid-19 dans l’œil. Mais je sais parfois rester pudique. Vous dire de regarder ce printemps qui naît comme si la nature faisait un bras d’honneur au virus. La vie est «fourmidable» quand je vois ce petit insecte «eusocial» courir sur l’écran de mon PC. Ce même écran où l’intelligence artificielle de Wish me demande par mail si j’ai besoin d’un nouveau pantalon en me proposant des horreurs pendant que l’intelligence humaine et commerciale de mon chocolatier neuchâtelois m’annonce qu’il reste ouvert sans que je ne puisse aller le vérifier. Sur mon agenda électronique est encore planifiée une escapade à Adelboden. Je n’irai bien sûr pas.

«C’est un peu comme si la nature faisait un bras d’honneur au virus»

J’aurais pu aussi vous dire que j’ai envie de remercier mes physios, Pauline et Cédric. Deux êtres adorables qui ont considéré que mon radius en reconstruction était prioritaire. Que lorsque je regarde le second philosopher sans fin à travers son masque de chirurgien en me triturant le poignet, j’ai l’impression d’entendre une chronique de Guillermo Guiz sur France Inter. Un sosie de voix. C’est drôle, cette faculté que nous avons dans cette période où le temps s’est arrêté de saisir et de décortiquer désormais chaque instant alors qu’il nous paraissait si futile hier. Du pointillisme sensoriel. L’impression aussi d’être un peu Bill Murray dans «Un jour sans fin». De vivre et de revivre éternellement un même dimanche de porte close et d’extérieur au ralenti.


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Et je vais finir par vous parler de chômage partiel. Puisque notre groupe a choisi d’y recourir. Un journaliste n’est pas plus ou moins dommage que n’importe quel autre employé dans n’importe quel autre secteur. Mais au cœur de notre métier se trouvent l’intérêt public et le devoir d’informer. Encore davantage peut-être quand il travaille pour un quotidien dont beaucoup nous disent l’importance qu’il a ces jours-ci, quelle que soit sa forme, numérique ou imprimée. Avec toutes nos imperfections. Notre rédaction bosse sans jamais compter ses heures pour raconter ce qu’il se passe en ce moment, et nous continuerons à faire notre métier. Prenez soin de vous.

Créé: 20.03.2020, 23h39

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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