L’État, arbitre du bien-croire malgré lui?

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Reconnaître l’intérêt public des communautés religieuses. Voilà qui, dans bien des cas, paraît tomber sous le sens. Qui ne connaît pas l’Armée du Salut? Avec notamment un hébergement pour sans-abri et deux foyers pour personnes atteintes de troubles psychiques à Lausanne, son apport à la population ne fait aucun doute. On oublie parfois que les œuvres de bienfaisance se doublent de lieux de culte. Ainsi, l’Armée du Salut illustre peut-être les meilleures raisons qu’il peut y avoir à accorder une reconnaissance officielle à la Fédération évangélique vaudoise (FEV), dont elle est membre.


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Reste que, pour valider la candidature de la FEV, le Conseil d’État ne pourra se contenter de livres de comptes irréprochables et de structures organisationnelles transparentes comme le verre. Avant d’approuver un lien privilégié entre l’État et ces 42 paroisses, il devra aussi s’assurer que leurs valeurs, leurs positions et leurs pratiques respectent la loi. En somme, il devra mettre son nez dans le religieux, au risque de se faire l’arbitre du bien-croire.

«Le Conseil d’État ne pourra se contenter de livres de comptes irréprochables et de structures organisationnelles transparentes comme le verre»

Certaines Églises évangéliques, qui ont une longue tradition d’indépendance vis-à-vis du pouvoir, semblent s’éveiller tout juste au potentiel «intrusif» du processus de reconnaissance d’intérêt public. L’État, quant à lui, aura désormais à décider dans quelle mesure il devra – ou voudra bien – contrôler que ses exigences sont remplies. Il aurait toute légitimité à le faire. En imposant le principe de non-discrimination fondée sur le sexe et l’orientation sexuelle, il ne fait qu’appliquer la loi. Mais en exigeant cette promesse spécifiquement de la FEV, il se met dans une position délicate, celle de policer certaines communautés sur les thèmes de son choix. Cela signifie-t-il que d’autres, qui se désintéressent du statut d’intérêt public, peuvent se sentir libres de prêcher l’intolérance et des croyances d’un autre temps? Reconnaissance ou pas, l’ensemble des responsables religieux devrait se demander si ce qu’ils exaltent est dans l’intérêt de tous et de toutes.

Créé: 25.08.2019, 22h24

Chloé Banerjee-Din, rubrique Vaud & Régions

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