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Les États-Unis sont en guerre

Le ton est en train de changer. Jusqu’à récemment, la guerre commerciale entre Washington et Pékin n’inquiétait pas vraiment les économistes. La plupart s’attendaient à ce qu’un accord soit finalement trouvé. Les revendications américaines (et plus largement occidentales) étaient somme toute légitimes: accès au marché chinois pour les entreprises, respect des droits de propriété intellectuelle, fin du transfert forcé de technologies. Non, la Chine n’allait pas prendre le risque de saper sa croissance et de voir son taux de chômage grimper, en s’opposant frontalement à l’administration Trump. La menace d’émeutes sociales était trop grande. Quant aux États-Unis, ils devaient adoucir un peu leur position et faire un pas en direction de Pékin. Il n’était pas dans leur intérêt de casser le commerce mondial par des mesures protectionnistes et de favoriser une récession. Voilà pour la théorie.

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Les économistes commencent à envisager autre chose. Une guerre économique larvée entre les États-Unis et Pékin est en cours. Sa résolution prendra beaucoup de temps. Pourquoi? La Chine a son propre agenda économique et sa propre échelle de valeurs. Elle veut s’émanciper et devenir un pays à la solide classe moyenne. Elle bougera à son rythme. En face, la volonté américaine de contenir la Chine dans la lutte pour le leadership mondial est réelle. Une Chine qui veut se rapprocher du monde avec la nouvelle route de la soie. Une Chine qui lorgne aussi l’Afrique. Cela dépasse le simple cadre économique.

«La volonté américaine de contenir la Chine dans la lutte pour le leadership mondial est réelle. Une Chine qui veut se rapprocher du monde avec la nouvelle route de la soie»

Un élément est symptomatique. L’élection présidentielle s’invite à l’agenda, mais les États-Unis restent totalement inflexibles. Les phases de négociation s’enchaînent et ne donnent rien. Au risque de faire plonger dans le rouge une économie américaine qui se porte assez bien. La garde rapprochée du président Trump, dominée par le très antichinois Peter Navarro, est symptomatique de cette nouvelle donne. En clair, Washington est en guerre. Ni plus ni moins.

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